
Le quotidien gouvernemental El Moudjahid a repris à son compte, dans son éditorial de ce mercredi 25 octobre, les propos accusateurs envers le Maroc d’Abdelkader Messahel.
Le ministère des Affaires étrangères a accusé les banques marocaines de blanchir l’argent de la drogue et la Royal Air Maroc de « transporter autre chose que des passagers », faisant allusion au transport de drogue.
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Ces propos avaient suscité des réactions violentes de la part d’officiels marocains et le chargé d’Affaires algérien au Maroc a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères du royaume « pour explications ». La riposte médiatique ne s’est pas fait attendre et Messahel est depuis quelques jours le sujet d’attaques violentes de plusieurs médias marocains.
El Moudjahid a qualifié les faits cités par Messahel de « vérité concernant notre voisin de l’Ouest, connue et partagée par l’ensemble des organismes qui luttent contre le trafic de drogue de par le monde ».
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Le quotidien gouvernemental estime en outre que « les réactions effarouchées du palais » n’ont d’autre but que « d’occuper l’espace public pour occulter l’essentiel et le fondamental, à savoir la lente et inexorable transformation de l’Afrique qui, grâce entre autres au dynamisme des commissions de l’organisation panafricaine, est en train de jeter une lumière crue sur les manœuvres de coulisses visant à maintenir des espaces de notre continent sous l’influence du Palais ».
L’éditorial va plus loin et assure que la stratégie diplomatique africaine adoptée par le Maroc n’est qu’une « courroie de transmission d’intérêts dictés à partir d’un »quarteron » de capitales européennes ».
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« Pourquoi le Maroc se tait, fait le dos rond quand chaque année tombe la sanction de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) qui le place régulièrement à la triste place de premier producteur mondial de haschisch et le premier fournisseur en résine de cannabis de la totalité du continent européen ? », s’interroge l’éditorial.
Le quotidien rappelle que « le département d’État américain avait publié un rapport, en mars 2017, dans lequel il affirme que la production de cannabis du royaume pour la seule année 2016 est estimée à 700 tonnes, soit presque le quart de son PIB, 100 milliards de dollars une fois transformé ! ».
Selon El Moudjahid, « 80% du cannabis consommé en Europe est importé du Maroc, dont plus de 90% en France ». Le journal met également en avant le classement du Rif à la deuxième place des dépôts bancaires, après la région de Casablanca.
Pour le journal étatique, les réactions violentes du Maroc aux déclarations de Messahel s’expliquent par « le dossier du Sahara occidental qui remonte en haut de la pile des organismes régionaux et internationaux, malgré les tentatives répétées de pays « intéressés qui tirent profit de l’exploitation et du pillage des ressources du Sahara occidental occupé ».
Il ajoute que la crise économique qui « frappe les pays européens a eu des conséquences collatérales sur les revenus des ménages marocains qui reçoivent moins d’argent de leur diaspora ». « La lutte antiterroriste, c’est aussi une lutte contre les sous-traitants de ces légions de la mort, à savoir les narcotrafiquants », remarque El Moudjahid.