
Entretien. Mohamed Khelifaoui est un ancien colonel du DRS.
Les États-Unis envisagent de renforcer leur présence en Afrique notamment au Sahel. Quel sera l’impact sur l’Algérie ?
La présence américaine dans la région ne date pas d’hier. Elle s’est même faite dans un cadre concerté qui est l’Africom avec la mission de former les militaires locaux dans la lutte antiterroriste. Cette présence est bénéfique pour l’Algérie si bien évidemment les forces en place s’en tiennent à leurs missions. Les craintes exprimées par certains quant au risque d’espionnage contre l’armée algérienne ne sont pas justifiées. Nous ne sommes pas une grande force militaire dans le monde qui est en mesure de peser sur les équilibres mondiaux. Nous ne sommes pas une puissance économique et même si c’est le cas les représentations diplomatiques, comme cela se fait partout dans le monde, suivent de très près l’évolution des indices économiques en Algérie et font leurs rapports.
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L’Algérie par la voix de son ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel se dit inquiète du retour des combattants de Daech. Quels sont les risques réels pour notre pays ?
J’estime ces craintes exagérées pour plusieurs facteurs. D’abord, en parlant de terroristes algériens, leur nombre est très réduit, sans oublier le fait que ces personnes qui ont quitté l’Algérie pour rejoindre les groupes terroristes Daech en Irak ou en Syrie sont fichées par les services de renseignement algériens. Dès qu’ils mettent les pieds sur le sol algérien, ils seront cueillis un par un et présentés à la justice. On avait déjà eu des expériences dans le passé, et je peux vous assurer que ces personnes reviennent affaiblies et abattues.
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Le risque est peut-être de voir Daech, fuir l’Irak et la Syrie, pour se renforcer dans la région du Sahel ?
Ce risque n’existe pas, ou logiquement ne devrait pas exister. L’État islamique (EI), cette organisation terroriste, a été créée selon une vision et un projet propre à une région (l’Irak et la Syrie).
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Gaïd Salah multiplie les visites aux troupes stationnées aux frontières. Pourquoi ?
L’armée, qui a toujours la réputation d’être muette, multiplie les sorties et les déclarations. Cela me pousse à se poser la question. Qu’est ce qui motive cette stratégie de communication ? D’abord l’armée n’a pas besoin de défier les terroristes à travers des démonstrations de force. Le terrorisme est vaincu à jamais. Ensuite l’armée algérienne est une puissance dans la région et ça aussi les voisins le savent …
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Vous dites que le terrorisme est totalement vaincu, alors que régulièrement l’ANP annonce la capture et l’élimination de terroristes…
Moi je préfère parler du banditisme, essayer de faire peur aux Algériens en jouant la carte du terrorisme n’est pas très honnête. Vous pouvez dormir tranquilles, le terrorisme est vaincu. Les véritables enjeux de l’Algérie sont ailleurs. Les risques que le pays doit affronter à l’avenir ne sont pas liés au terrorisme mais à la crise économique, au flou politique.