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« Ces frappes affaiblissent notre diplomatie » : la classe politique française divisée

La classe politique française était divisée ce samedi après l’annonce que la France a participé à une opération militaire en Syrie, où des frappes aériennes ont été menées contre plusieurs…

Ladjouzi Nassim
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La classe politique française était divisée ce samedi après l’annonce que la France a participé à une opération militaire en Syrie, où des frappes aériennes ont été menées contre plusieurs cibles de l’armée syrienne, soulignent les médias locaux.

La participation de la France aux côtés des États-Unis et du Royaume-Uni a obtenu le soutien logique de la République en Marche (REM), parti du président français Emmanuel Macron. « Pas d’utilisation d’armes chimiques contre les civils : c’était la ligne rouge. Le régime d’al-Assad l’a franchie. La France ne pouvait se tenir aveugle et muette face à cette barbarie. Les frappes en Syrie menées cette nuit sont nécessaires et salvatrices pour le peuple syrien », a écrit le délégué général de La République en marche, Christophe Castaner.

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Soutien des socialistes et de François Hollande

La décision du président Macron d’engager l’armée française dans l’opération en Syrie a également reçu un écho positif auprès du parti du centre-droit UDI et du Parti socialiste (gauche). « C’est l’honneur de la France d’être à la hauteur du rôle singulier et historique qui est le sien et d’avoir pris l’initiative, au côté des démocraties américaine et britannique, d’exercer des frappes aériennes ciblées sur l’arsenal chimique syrien », a affirmé sur Twitter Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI.

« Les attaques chimiques répétées du régime de Damas contre son peuple imposaient une réaction. Le silence des nations ouvrirait une jurisprudence criminelle donnant dans les faits la possibilité de violer les conventions internationales sur l’utilisation d’armes chimiques », a estimé sur Facebook Olivier Faure, tout nouveau premier secrétaire du PS. Ce dernier considère toutefois qu’il est « urgent que s’ouvrent de nouvelles discussions dans le cadre des Nations unies. Il n’est pas de solution à terme sans que soient posées les conditions d’une transition négociée ».

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L’ex-président de la France François Hollande a pour sa part estimé que les frappes sont justifiées. « L’opération de cette nuit est doublement justifiée » car « il y a eu utilisation de l’arme chimique contre des enfants, des innocents, des femmes, en aucune manière des combattants » et car « le régime syrien, avec la complicité de son allié russe, a menti : il devait y avoir destruction des armes chimiques, refus de l’utilisation de ce type de procédé. Hélas, on a vu qu’il n’en était rien », a déclaré Hollande, cité par Francetvinfo.

L’ancien chef de l’État français estime toutefois que « des frappes ne suffisent pas » qu’elles doivent être suivies d’une « pression diplomatique et politique » sur la Russie et l’Iran. Selon Hollande, il ne peut « pas y avoir de passivité de la communauté internationale ».

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Critiques de la droite et l’extrême-droite

En revanche, les partis de droite et d’extrême-droite ont affiché leur désapprobation quant à l’engagement militaire de la France en Syrie. « Ajouter la guerre à la guerre n’a jamais fait avancer la paix. Cette démonstration de force ponctuelle risque d’alimenter le terrorisme. Elle nourrit l’idée que l’Occident est hostile au monde arabe », a déploré Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (ex-UMP) au Sénat français, cité par Le Parisien. « Ces frappes affaiblissent notre diplomatie. La voix de la France n’est forte que si elle est singulière, elle n’est utile que si elle privilégie le dialogue », a affirmé Retailleau.

« Pour la première fois de son Histoire, la France d’Emmanuel Macron n’est pas du côté du droit », a estimé sur Twitter Julien Aubert, secrétaire général adjoint des Républicains. « En bombardant sans l’aval du conseil de sécurité un pays souverain, comme Bush en Irak, elle détruit le système légal onusien dont elle est une des premières bénéficiaires », déplore-t-il.

La présidente du Front National Marine Le Pen a également critiqué sur Twitter la décision du président Macron. « Ces frappes contre la Syrie nous engagent dans une voie aux conséquences imprévisibles et potentiellement dramatiques. La France perd à nouveau une occasion d’apparaître sur la scène internationale comme une puissance indépendante et d’équilibre dans le monde », a déploré la candidate malheureuse au deuxième tour des dernières présidentielles françaises.

« Pourquoi s’attaquer à Assad, alors qu’au même moment, le président de la République reçoit le prince d’Arabie saoudite, pays responsable de massacres au Yémen? », s’interroge quant à lui le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, dans une vidéo publiée sur Twitter.

Les critiques les plus acerbes sont cependant parvenues de l’extrême gauche. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a dénoncé sur Twitter des frappes en Syrie effectuées « sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français ».

« La France, hélas, a perdu tout rôle possible autre que celui d’accompagnateur des États-Unis d’Amérique. C’est le résultat déplorable de cette nuit. Jusque-là, on avait une certaine marge d’autonomie. […] À partir du moment où nous avons fait cause commune avec une intervention absurde, c’est fini, nous ne sommes plus du tout dans une situation qui nous permettrait d’avoir un rôle de médiation possible », a affirmé Mélenchon.

 

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