
L’Algérie et le Niger tournent définitivement la page de la crise. Les deux pays ont acté le retour à la normale à l’occasion de la visite à Alger du président nigérien Abdourahamane Tiani ce lundi 16 février.
Avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, ils ont aplati les différends et ont relancé la coopération entre les deux pays, avec à la clé le lancement des travaux du gazoduc transsaharien TSGP sur le territoire du Niger après la fin du mois de Ramadan qui commence mercredi ou jeudi 19 février.
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À Alger, le président du Niger, le général d’armée Tiani, n’a pas oublié la position de l’Algérie, après le coup d’État de juillet 2023 qui a évincé du pouvoir le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum.
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À l’époque, l’Algérie a condamné le coup de force, mais elle s’était opposée à une intervention militaire étrangère, notamment de la Cedeao, pour chasser les putschistes.
Le général Tiani n’a pas oublié la position de l’Algérie à qui il a exprimé ce lundi sa « profonde gratitude » pour avoir été « solidaire du peuple nigérien et du respect de la souveraineté de son pays et de ses choix politiques internes ».
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Tiani rend hommage à l’Algérie
Dans une déclaration conjointe avec le président Tebboune, à l’issue de leurs entretiens au siège de la Présidence de la République, il a salué « les plus hautes autorités algériennes qui, en dépit des vaines tentatives de certaines puissances à relents néocolonialistes et des organisations internationales et sous-régionales, télécommandées et manipulées, se sont montrées solidaires du peuple nigérien après les événements du 26 juillet 2023 ».
Le chef de l’État nigérien a estimé que cette position prise en faveur du « respect de la souveraineté du Niger et de ses choix politiques internes honore l’Algérie, son gouvernement et son peuple ».
« Dans tous les cas, aucun Algérien, aucun Africain ne saurait comprendre que l’Algérie prête son territoire pour agresser un pays africain, surtout lorsqu’il s’agit de cette même puissance qui a, durant plus d’un siècle, infligé d’indicibles souffrances au peuple vaillant algérien », a-t-il dit, en allusion à la France, dans un contexte de dégradations des relations entre Paris et Niamey, qui n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis le coup d’État de juillet 2023.
Vendredi, Abdourahamane Tiani a réitéré ses accusations contre la France, qu’il tient pour responsable de l’attaque du 29 janvier contre l’aéroport de Niamey. Une attaque qui a été revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS).