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Alger-centre quadrillé par la police pour le 14e mardi des étudiants

Alger-centre quadrillé par la police pour le 14e mardi des étudiants

Sabrina Khelil

Difficile de ne pas avoir le tournis ce mardi à Alger, tant la chaleur est écrasante. Pourtant, pour la quatorzième semaine consécutive et alors que nous entrons dans la dernière semaine du mois de Ramadhan, les étudiants sont sortis par milliers dans les rues de la capitale pour réclamer le départ du régime et la mise en place d’une transition démocratique.


 

Le coup d’envoi est donné vers 10h30, rue Abdelkrim Khattabi. Le cortège descend à toute allure le boulevard Khemisti, destination la Place des Martyrs. Un lieu hautement symbolique pris d’assaut par les Algériens pour la première fois vendredi 24 mai, lors de leur rassemblement hebdomadaire.

Pour contourner les cordons de police, les étudiants empruntent la rue Bouzerari Mohamed puis la rue d’Angkor. Les automobilistes qui arrivent à contre-courant klaxonnent pour exprimer leur solidarité.


 

Les jeunes gens, hydratés par les Gilets orange et les bénévoles du Croissant rouge algérien, sont galvanisés. « Bédoui dégage », « Bensalah machi Raïs », « Doula madaniya machi askariya », « Maranach habsine, koul youm khardjine » (« On ne va pas s’arrêter, on sortira chaque jour ») sont parmi les slogans les plus scandés.

Aouchich lui, n’est plus à la fac. Pourtant, cet homme de 56 ans a fait le déplacement depuis Béjaïa pour apporter son soutien aux étudiants. « C’est une question de dignité, réplique-t-il. J’étais là mardi dernier. J’ai vu de mes propres yeux quelques agents de police manquer de respect aux femmes… Alors il ne faut pas s’arrêter parce que si on s’arrête, on est cuits ».

Empêchés de se rendre sur la Place des Martyrs

L’itinéraire prévu par les étudiants s’arrête tout net sur l’axe qui longe le port. Là, les agents des forces de police ont garé leurs fourgons et brandi leurs boucliers pour faire barrage. Le cortège reste statique plusieurs minutes avant de rebrousser chemin.

Photo Sabrina Khelil


 


 

« Notre objectif, c’était la Place des Martyrs, déplore une étudiante en première année préparatoire à l’École nationale polytechnique. C’était une manière pour nous de dire qu’il n’y avait pas uniquement la Grande Poste comme symbole, que ce n’était pas en fermant la Grande Poste qu’on arrêterait le Hirak. Là c’est juste de la répression pour faire de la répression ».

Les étudiants remontent alors vers l’hyper-centre avec la même hargne. Mais tandis qu’ils aspirent à se rendre sur la place Audin, ils sont à nouveau empêchés par les policiers. Quelques bousculades, mais pas d’affrontement. Le groupe se replie. Comme depuis le début de la matinée, les étudiants veulent éviter les conflits.

Autour de 13 heures, les manifestants sont alors concentrés entre les rues Didouche-Mourad et Abdelkrim-Khattabi. Ils ne se disperseront pas avant le milieu de l’après-midi.


 


 

« Nous ne demandons pas des choses absurdes, développe Mehdi, étudiant en cinquième année de pharmacie. Nous voulons juste le départ des visages de l’ancien système, la mise en place d’un comité présidentiel où il y aurait des personnalités connues pour leurs compétences et leur transparence, et qui aurait la charge d’organiser et d’encadrer une transition. Alors même si on est un peu déçus de ne pas être arrivés sur la Place des Martyrs, nous resterons mobilisés et unis jusqu’à ce que toutes nos revendications soient satisfaites ».

Photo Sabrina Khelil


 

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