
L’Algérie vient de lancer un nouvel espace numérique destiné à renforcer la protection des femmes : la plateforme nationale « Himayati ». Une initiative qui survient après que de nombreuses agressions contre les femmes aient bouleversé l’opinion publique nationale.
Une femme enceinte violemment attaquée avec son mari en pleine route, une directrice d’agence de voyage lâchement attaquée par un client au cœur de la capitale, une femme agressée devant une station de métro à Alger, ou encore une jeune fille agressée par deux individus en moto à Dely Ibrahim…
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Autant de faits divers massivement relayés sur les réseaux sociaux et qui s’ajoutent au climat de tension qui a provoqué la naissance du mouvement « Non au harcèlement de rue » au printemps 2025.
Himayati, un espace sécurisé pour répondre à une urgence sociale
Le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a annoncé, ce mardi 2 septembre, le lancement de la plateforme « Himayati », « qui permet aux femmes de signaler des violences, de demander conseil ou soutien, et de se rapprocher en toute sécurité des services concernés par leur protection ».
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Accessible via « www.himayati.dz », la plateforme met en relation les victimes avec les services de sécurité, la justice et la santé. Elle centralise les informations utiles aux victimes et propose des orientations pour faciliter leur accompagnement.
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« Himayati », qui signifie littéralement « ma protection », comporte une rubrique qui permet aux femmes et à tout témoin de signaler des cas urgents. Elle répertorie également les numéros d’urgence disponibles 24 h/24 et 7 j/7 : la Gendarmerie nationale au 1055, la police aux 1548, 17 et 104, et le ministère de la Solidarité au 1026.
Pour donner aux victimes les moyens d’identifier ce qu’elles subissent et solliciter l’aide appropriée, la plateforme s’appuie sur les définitions du Code pénal algérien. Plusieurs types de violences faites aux femmes y sont répertoriées : physique, psychologique, sexuelle, économique et numérique.
Le ministère précise que « Himayati » a été mise en place pour « renforcer la protection des femmes battues et œuvrer à leur réinsertion sociale et professionnelle », ainsi que pour améliorer la coordination entre les différents services pour « assurer une réponse rapide et efficace ».
Des chiffres inquiétants sur les violences faites aux femmes
Derrière cet outil, c’est une réalité tragique qui touche la société algérienne : les chiffres de violences à l’encontre des femmes et de féminicides sont alarmants.
En 2024, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a enregistré une hausse de 12,4 % des violences contre les femmes par rapport à 2023. Quant au groupe « Non aux féminicides – Algérie », il recense environ 315 féminicides entre 2019 et 2024.
Toutes les régions du pays et toutes les couches sociales sont touchées par ce fléau. Aussi, l’initiative gouvernementale est globalement bien accueillie par les citoyens.
Un internaute salue sur les réseaux sociaux : « Bravo au gouvernement pour son soutien aux femmes. L’objectif maintenant est de mobiliser la société afin que les droits des femmes soient pleinement respectés dans la vie quotidienne ».
Un autre commentateur souligne l’importance de ce type de plateforme : « C’est l’une des meilleures initiatives. La souffrance que vivent les femmes ces derniers temps est terrible, surtout avec la montée des discours de haine ». L’efficacité de « Himayati » sera jugée à l’épreuve des faits.