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Algérie-France : Darmanin propose de remplacer l’accord de 1968 par un traité d’amitié

De retour d’Alger, le ministre de la Justice français Gérald Darmanin a proposé de remplacer l’accord franco-algérien de 1968 par un traité d’amitié.

Algérie-France : Darmanin propose de remplacer l’accord de 1968 par un traité d’amitié
Le ministre de la Justice français Gérald Darmanin a proposé de remplacer l’accord de 1968 entre la France et l'Algérie par un traité d’amitié/ Source: Facebook - Gerald Darmanin
Riyad Hamadi
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De retour d’Algérie, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a déterré le vieux projet de traité d’amitié entre les deux pays. Sur CNews, la chaîne d’extrême droite de la galaxie Bolloré, il a exprimé son « rêve » de voir le projet aboutir un jour.

Le ministre français de la Justice était interrogé sur l’accord bilatéral de 1968 sur l’immigration, que la droite et l’extrême droite veulent supprimer. Il faut « dépasser » cet accord et ce qu’il faut, a-t-il dit, c’est un « traité d’amitié ».

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« Il faut un traité avec l’Algérie. J’espère, je rêve, un jour, d’un traité d’amitié. On n’en est pas du tout là, mais il faut un traité d’amitié avec l’Algérie qui respecte les deux pays », a soutenu le ministre français, dont le grand-père est Algérien.

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Le projet de traité d’amitié Algérie-France a été initié au début des années 2000 sous l’impulsion des présidents Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac. Mais il a été saboté par une partie de la droite française, précisément par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avec sa loi sur les « bienfaits » du colonialisme de février 2005. Depuis, le projet a été mis aux oubliettes. C’est la première fois qu’un responsable français de ce niveau en parle publiquement, deux décennies après.

« Il faut dépasser l’accord de 1968 »

À propos de l’accord de 1968, Darmanin a expliqué qu’il faut le « dépasser », car les deux pays ont changé depuis. « Il y avait 25-26 millions d’Algériens en 1968 (12-13 millions en réalité, ndlr). C’étaient des circonstances extrêmement différentes, la société était très différente, la France était très différente. Il faut dépasser ça, on n’est plus au temps du général de Gaulle », a plaidé le garde des Sceaux.

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« Il faudra renégocier, bien évidemment, ce traité et le dépasser. Je pense que les autorités algériennes le savent, le président de la République française lui-même l’a dit (…) Il faut dépasser ce traité et faire respecter nos pays et nos intérêts des deux côtés », a-t-il insisté.

« Pas de leçons à recevoir du RN »

Proche d’Emmanuel Macron, Gérald Darmanin a exprimé la riposte du camp présidentiel aux critiques du courant extrémiste par rapport au rapprochement en cours avec l’Algérie.

Au Rassemblement national (RN), qui a réclamé « une diplomatie de la fermeté et non de la courbette », Darmanin a répliqué : « La courbette, c’est ce qu’ils avaient avec M. Trump ou M. Poutine. On n’a pas de leçon à recevoir de la part du Rassemblement national. S’ils étaient aux responsabilités, ils seraient obligés de parler au grand pays africain qu’est l’Algérie. »

« Il y a des désaccords, bien évidemment, mais nous parlons avec nos voisins et parfois nos amis », a-t-il ajouté.

Christophe Gleizes : « Nous faisons confiance au président Tebboune »

Tout en reconnaissant que les relations entre les deux pays sont « entre chien et chat », le ministre français de la Justice a soutenu qu’il faut se parler « même quand c’est difficile », indiquant que les services secrets des deux pays « se parlent quasi quotidiennement pour la sécurité des Algériens et des Français ». Aussi, c’est l’Algérie qui est le partenaire de la France par rapport à ce qui se passe au Sahel, a-t-il rappelé.

À propos de la situation de Christophe Gleizes, Darmanin a dit espérer sa « libération prochaine ». Lors de son voyage à Alger, il a indiqué avoir rappelé qu’il faut le rendre « non pas à la France, mais à sa mère ».

« Je pense que le président Abdelmadjid Tebboune y sera sensible. En tout cas, nous lui faisons confiance, je lui fais confiance pour cela », a assuré le ministre français de la Justice.

TSA +