
L’interpellation d’un membre fondateur de la DZ Mafia en Algérie vient rappeler qu’il y a des enjeux plus importants entre Paris et Alger que la simple question des OQTF à laquelle une partie de la classe politique française tente de réduire la relation bilatérale.
Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez, qui a joué un rôle clé dans le réchauffement des relations franco-algériennes, marque des points face au courant extrémiste qui lui a reproché, à maintes reprises, d’avoir tendu la main au gouvernement algérien.
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Mehdi Laribi, alias “Tic”, a été interpellé le 19 juillet par les services de sécurité algériens en exécution d’un mandat d’arrêt international émis par la justice française. Le présumé fondateur de l’organisation criminelle DZ Mafia, qui contrôle le trafic de drogue à Marseille et dans d’autres villes françaises, a été placé sous contrôle judiciaire, a rapporté France Info mercredi 5 août.
Interpellation de Mehdi Laribi : Nunez et Darmanin remercient l’Algérie
L’information a été confirmée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin puis par celui de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Les deux ministres français ont remercié l’Algérie pour sa coopération.
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“Je me réjouis de l’interpellation par les autorités algériennes, que je félicite, de l’un des membres fondateurs de l’organisation criminelle DZ Mafia”, a écrit Laurent Nuñez sur X.
Le ministre a également félicité “les gendarmes pour leur travail acharné dans le dossier OCTOPUS”, qui avait conduit, a-t-il rappelé, à l’interpellation de 41 individus après la mise à jour de l’organisation et du fonctionnement de “cette structure criminelle”, dans une enquête conduite sous l’autorité d’un magistrat instructeur à Marseille.
Je me réjouis de l’interpellation par les autorités algériennes, que je félicite, de l’un des membres fondateurs de l’organisation criminelle DZ mafia.
Je félicite également à nouveau les gendarmes pour leur travail acharné dans le dossier OCTOPUS, qui avait conduit à…
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) August 5, 2026
Avant Nunez, Gérald Darmanin avait lui aussi exprimé ses remerciements aux autorités algériennes et salué une “avancée” dans la coopération judiciaire entre les deux pays.
“Une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée a été interpellée en Algérie. Merci aux autorités algériennes pour cette avancée et cette coopération”, a écrit le ministre de la Justice sur le même réseau social.
Au-delà des OQTF, des défis sensibles se posent aux deux pays
Les deux ministres sont en première ligne du processus de dégel et de reprise de la coopération avec l’Algérie sur divers dossiers. Mais c’est surtout Laurent Nunez qui a déverrouillé une relation au bord de la rupture en se déplaçant à Alger en février, où il a convenu avec ses vis-à-vis algériens de relancer la coopération migratoire et policière.
En mai dernier, il a assuré que les relations sont désormais “bonnes” avec l’Algérie. Début juin, il a reçu à Paris son homologue algérien Saïd Sayoud.
À la mi-mai, c’est Gérald Darmanin qui s’est déplacé à Alger avec également des résultats fructueux en matière de coopération judiciaire.
Ceux qui, en France, plaident pour la reprise d’une relation normale avec l’Algérie, dont Nunez et Darmanin, mettent en avant la multiplication des dossiers sensibles qui dictent de relancer la coopération avec l’Algérie, comme la lutte contre l’immigration clandestine, le terrorisme et le crime organisé, ainsi que la coordination sur certaines questions internationales, comme la situation au Sahel.
L’Algérie aussi a beaucoup d’attentes vis-à-vis de la partie française, notamment en ce qui concerne la restitution des biens mal acquis et l’extradition des personnes condamnés et recherchés par la justice algérienne.
Cette affaire du chef de la DZ Mafia illustre l’importance pour les deux pays de conjuguer leurs efforts pour leur sécurité commune. Cela, au moment où le courant anti-algérien tente de réduire la relation bilatérale entre deux grands pays de la Méditerranée à l’expulsion des clandestins par la France et leur acceptation par l’Algérie.