
Dans un énième acte de provocation à l’égard de l’Algérie, le Maroc a interdit l’accès à son territoire aux Algériens non-résidents.
Si le royaume est souverain dans la gestion de ses frontières, il a néanmoins le devoir d’assumer les mesures qu’il prend dans ce cadre.
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Or, ni les autorités marocaines ni les compagnies aériennes françaises qui l’ont mise en application n’ont assumé la mesure qui, plusieurs jours après son entrée en vigueur, continue de susciter des interrogations.
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Les Algériens interdits d’accès au Maroc : une mesure difficile à assumer
Le témoignage fait à TSA par une Algérienne débarquée à Orly par la compagnie Transavia révèle quelque chose d’intriguant : les services concernés n’étaient pas informés de la mesure la veille de son entrée en vigueur. Au-delà du contexte, des considérations politiques et des objectifs recherchés par la partie marocaine, il y a lieu de s’interroger sur le pourquoi d’une telle opacité.
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Dans sa stratégie de tension et de provocation envers l’Algérie, le Maroc a toujours tenté de s’octroyer le beau rôle. Cette mesure est une nouvelle provocation et les autorités marocaines ne l’assument pas car rien ne la fonde ni ne la justifie.
Et ce n’est pas la première fois que les autorités marocaines prennent au sujet des Algériens une procédure qui sort des usages. En 1994, après un attentat terroriste à Marrakech pourtant sans lien avec l’Algérie ou les Algériens, Rabat a décidé d’imposer le visa aux Algériens et aux Français d’origine algérienne. Ce qui constitue une discrimination entre les citoyens français en fonction de leur origine. Du jamais vu. Mais au moins, à l’époque, la décision était assumée et annoncée préalablement à sa mise en application.
Une complicité intrigante des compagnies françaises
Cette fois, les voyageurs concernés sont pris au dépourvu et ils n’ont découvert la mesure qu’après avoir accompli toutes les formalités avant l’embarquement. Même les compagnies aériennes instruites de la nouvelle règle n’ont pas daigné informer les passagers. Pour elles aussi, une telle pratique est difficile à assumer.
En se pliant à l’injonction de Rabat, les compagnies concernées, en tête desquelles Air France, ont failli à leur devoir éthique et à leurs engagements envers l’Algérie, pays où elles opèrent des liaisons régulières et font une partie de leur chiffre d’affaires.
Ce “traitement arbitraire” et ce “filtrage des voyageurs” en fonction de leur nationalité ne passent pas. “Une telle démarche malveillante est à même d’éroder les liens de coopération qu’entretient l’Algérie avec la firme française”, a écrit le quotidien gouvernemental algérien El Moudjahid à propos de la démarche d’Air France.
L’Algérie est en droit d’attendre du respect pour ses ressortissants
Si l’Algérie n’espère rien du Maroc qui est allé bien plus loin dans ses provocations ces dernières années, elle est en revanche en droit d’attendre le respect de ses voyageurs par les compagnies aériennes de pays tiers, de surcroît celles qui opèrent légalement sur son territoire.
La réglementation de l’aviation civile internationale impose certes aux compagnies de vérifier que leurs passagers disposent des autorisations nécessaires pour entrer dans le pays de destination (visa, titre de séjour…). En cas de manquement à cette démarche, une forte amende est appliquée avec l’obligation pour la compagnie défaillante de ramener à ses frais le voyageur refoulé.
Sauf que, dans ce cas précis, Air France, Transavia et les autres n’ont pas appliqué une disposition légale de l’État marocain, comme par exemple l’imposition d’un visa.
Elles se sont rendues complices d’une discrimination entre les voyageurs que même l’État qui l’a décrétée, le Maroc en l’occurrence, n’assume pas. Ces compagnies ont aussi failli en n’informant pas à l’avance leurs passagers de la nouvelle disposition, leur causant un préjudice certain. Selon la femme qui a témoigné sur TSA, la compagnie Transavia a refusé de lui remettre les justificatifs nécessaires pour se faire rembourser. Si l’attitude du Maroc n’a rien de surprenant, celle des compagnies françaises laisse perplexe.