
Les journées d’été écologistes se tiendront le 21 août prochain à Grenoble. Parmi les sujets qui seront débattus lors de cette entrée politique des Verts, la réconciliation des mémoires entre l’Algérie et la France.
La question mémorielle est l’un des principaux sujets de discorde entre Alger et Paris. Elle sera abordée par les Écologistes dans un contexte de pré-campagne électorale pour les présidentielles françaises de 2027.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
Intitulé ‘Réconcilier les mémoires’, le débat sur cette question qui déchire encore la France sera animé par l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire de la colonisation, et Sabrina Sebaihi, députée écologiste des Hauts-de-Seine. Un échange autour d’une lancinante question : comment construire une réconciliation des mémoires sans effacer les vérités de l’Histoire ?
A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »
« Certaines mémoires apaisent. D’autres continuent de diviser, de blesser ou de s’ignorer. Pourtant, il n’y a pas de paix durable sans un travail exigeant sur notre histoire commune », explique à TSA Sabrina Sebaihi.
Pour la députée écologiste, la colonisation française dépasse le cadre d’un simple épisode historique. « Elle a structuré pendant 132 ans une relation de domination politique, juridique, économique et raciale dont les mémoires continuent de travailler la société française », appuie-t-elle.
A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations
Rendez-vous est pris à Grenoble le 21 août prochain pour les journées d’été des écologistes : « Un temps de réflexion et de dialogue pour revisiter l’histoire et dessiner un futur commun », a annoncé la députée écologiste.
Réconcilier les mémoires : Sabrina Sebaihi face à Benjamin Stora à Grenoble
L’occasion pour Sabrina Sebaihi de croiser son regard avec celui de Benjamin Stora et de nourrir la réflexion sur la question coloniale.
« Le problème n’est pas que la France ait une histoire coloniale. Le problème serait qu’elle soit incapable de la regarder en face. Et j’irais même un peu plus loin : le véritable travail mémoriel ne consiste ni à demander aux Français d’aujourd’hui de battre leur coulpe, ni à demander aux Algériens ou à leurs descendants de « tourner la page ». On ne tourne correctement une page qu’après l’avoir lue. C’est à partir de ce travail de vérité que la réconciliation des mémoires peut commencer », développe-t-elle.
Comment parvenir à une réconciliation mémorielle sans nier les réalités historiques ? Tel est le fil conducteur de ces rencontres d’été des écologistes, programmées le 21 août prochain à Grenoble, à partir de 13 h, sous le titre ‘Réconcilier les mémoires’.