
Boualem Sansal s’est exprimé pour la première fois depuis sa libération ce dimanche 23 novembre. L’écrivain franco-algérien a bien « choisi ses mots », comme il l’a dit pour répondre aux questions du JT de 20H de France 2.
Libéré mercredi 12 novembre après avoir bénéficié d’une grâce de la part du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a apporté quelques démentis cinglants à « ses amis » d’extrême droite. D’abord sur son état de santé.
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« Je vais bien », a-t-il dit, alors qu’avant sa libération, ses soutiens en France s’alarmaient sur la dégradation de son état de santé. Atteint d’un cancer de la prostate pendant sa détention, l’écrivain franco-algérien a reçu des soins dans un hôpital algérien.
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Boualem Sansal veut revenir en Algérie
« On m’a diagnostiqué un cancer de la prostate. J’ai été traité pour ça de manière tout à fait remarquable par des médecins consciencieux qui ont fait plus que leur devoir. Je suis sorti de leurs mains en bonne santé », a dit l’écrivain dont l’arrestation et la condamnation ont aggravé les tensions entre l’Algérie et la France.
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Boualem Sansal ne s’est pas étalé sur ses conditions de détention en Algérie. « La vie est dure dans une prison, le temps est long, on s’épuise, on se fatigue, on se sent mourir », a confié l’auteur proche de l’extrême droite qui s’est prononcé en faveur de la réconciliation entre la France et l’Algérie.
« Je suis depuis toujours pour la réconciliation entre la France et l’Algérie. Elle aurait dû se faire en 1962, comme les Allemands et les Français l’ont fait après la Deuxième Guerre mondiale, malgré les atrocités. On a raté le coche à cette époque. On aurait pu le faire, on l’a pas fait. »
Boualem Sansal a admis que son « ami » Bruno Retailleau, partisan du bras de fer avec l’Algérie et qui était ministre de l’Intérieur, a pu être un obstacle pour sa libération. « Je pense, oui, d’une certaine manière», a-t-il concédé.
L’écrivain franco-algérien a exprimé son souhait de revenir en Algérie, « le plus vite possible, si on me le permet », pour récupérer ses affaires dont son ordinateur, mais il veut des garanties qu’il ne sera pas arrêté une nouvelle fois.
Pour les raisons de son arrestation, il pense que c’était liée à la position de la France sur le conflit au Sahara occidental.
« Je ne voyais des raisons qui pousseraient le pouvoir à m’arrêter. Il y en avait une en fait, depuis quelques mois, une guerre a été déclarée suite aux déclarations du président Macron sur la marocanité du Sahara, tout a commencé là », a-t-il expliqué, sans évoquer ses déclarations au média d’extrême droite Frontières où il a dit qu’une partie de l’Algérie appartient historiquement au Maroc.