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Ali Yahia Abdenour : le pouvoir s’appuie « sur la situation économique déplorable du pays » pour faire accepter la présidentielle

Ali Yahia Abdenour : le pouvoir s’appuie « sur la situation économique déplorable du pays » pour faire accepter la présidentielle

Ali Yahia Abdenour est revenu, ce mercredi 21 août, sur sa rencontre samedi avec une délégation de l’Instance de dialogue et médiation, conduite par son coordinateur Karim Younes. « Au début, on a évoqué des questions plutôt générales. Karim Younès, que je connais depuis longtemps, m’a expliqué sa mission en tant que coordinateur du panel. Il a mis l’accent sur le fait qu’il a été désigné par le chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah. Cela dit, et partant de là, il n’a de comptes à rendre qu’à celui qui l’a désigné et non à une autre institution. D’ailleurs, lors de notre échange, il n’a pas évoqué l’armée », a-t-il expliqué dans un entretien à Liberté.

Ali Yahia Abdenour affirme que le Panel ne lui a fait aucune proposition. « Non ! Ils ne m’ont rien demandé. Sauf que, et je dois le souligner, j’ai posé une question qui est fondamentale pour moi. À savoir que le pays, soit les institutions, sont dans l’illégalité. Bensalah, Bedoui, le président du Conseil constitutionnel sont tous illégaux et, de ce fait, nous devrions trouver une solution rapide à cette crise », a-t-il expliqué.

Selon lui, le Panel cherche à convaincre une partie de la population « à accepter une élection présidentielle dans les meilleurs délais ». « Ils s’appuient sur la situation économique déplorable du pays pour y parvenir », affirme Ali Yahia Abdenour.

« En résumé, la mission du panel, en mettant la pression pour aboutir à une élection présidentielle aussi rapidement, n’a qu’un seul but : diviser et casser le hirak. Je leur ai demandé s’ils étaient d’accord avec tous ceux qui militent pour créer les conditions nécessaires pour la satisfaction des principales revendications de la rue », a-t-il ajouté.

Pour l’avocat et célèbre défenseur des droits de l’Homme, l’élection présidentielle n’est pas la solution à la crise. « Certains disent que c’est la solution. Mais avec la Constitution actuelle, quelle que soit la nature du futur président, il sera dans l’obligation d’appliquer une Constitution qui est, elle-même, le problème. Notre loi fondamentale a été triturée plusieurs fois au profit du président qui s’était octroyé tous les pouvoirs. De ce fait, sans une révision en profondeur de ce texte, nous aurons demain un président qui jouira de tous les pouvoirs, donc nous aurons finalement un dictateur, un potentat », explique-t-il.

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