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Une année après son augmentation substantielle, l’allocation touristique en Algérie a fait l’objet d’une nouvelle mesure prise dimanche 12 juillet par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Il s’agit de la suppression du versement en espèces pour n’utiliser désormais que la carte bancaire. Lundi, la Banque d’Algérie a dévoilé les nouvelles conditions d’octroi du droit de change pour voyage ainsi que les modalités pour obtenir la carte de paiement internationale dédiée. Les nouvelles règles entrent en vigueur le 19 juillet prochain.
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Allocation touristique de 750 € : l’étau se resserre autour des fraudeurs
Le demandeur doit notamment disposer d’un compte en devises adossée à un compte en dinars, et solliciter auprès de sa banque une carte de paiement internationale afin d’obtenir l’allocation touristique, après avoir présenté un dossier comprenant plusieurs documents. Pour obtenir cette carte, il faut verser des devises et attendre plusieurs jours.
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En plus, le retrait des devises de l’allocation touristique est interdit sur le territoire national, et le voyageur doit prouver qu’il a passé au moins sept jours à l’étranger. À défaut, il doit rembourser les devises à sa banque.
Avec cette mesure, l’Algérie s’attaque au cœur du trafic de devises lié à l’allocation touristique. En tout cas, elle complique les choses pour les trafiquants, les rentiers et les fraudeurs, et prive le marché noir des devises d’une source d’approvisionnement.
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Un immense trafic autour de l’allocation touristique
La décision du président de la République Abdelmadjid Tebboune de relever le montant de l’allocation touristique a pour objectif de soulager les citoyens algériens qui voyagent à l’étranger en leur permettant de disposer des devises nécessaires pour leur séjour. L’allocation a été portée en juillet 2025, de 15 000 dinars (environ 100 euros) à 750 euros pour les adultes et 300 euros pour les mineurs dans la limite de deux enfants, une fois par année.
Néanmoins, l’énorme écart entre les taux de change officiel et parallèle, d’environ 80%, a fatalement attiré les trafiquants et tous les adeptes du gain facile. Le premier dépassement à large échelle a été constaté aux frontières avec la Tunisie, avec une affluence supérieure à la normale de touristes algériens. Le pot aux roses a très vite été découvert. Avec la complicité d’agences de voyages, des réseaux de trafic transportent de faux touristes en Tunisie dans le but de récupérer le montant de l’allocation touristique et de le revendre au marché parallèle.
Selon le ministre de l’Intérieur, qui s’exprimait en décembre dernier, plus de 100 000 cas de fraude ont été constatés en 45 jours seulement. La mesure destinée à soulager les citoyens s’est transformée en saignée pour les réserves de change de l’État.
Immédiatement après, une autorisation de circulation internationale est imposée aux bus se rendant à l’étranger. Les premières arrestations et poursuites judiciaires ont été aussi effectuées.
Ouvrir un compte en devises en Algérie : ce qu’il faut savoir
Mais il semble que tout cela soit insuffisant face à l’ampleur du trafic. D’où la dernière mesure prise dimanche en Conseil des ministres.
Désormais, l’allocation touristique sera perçue par carte bancaire et ne sera plus versée en espèces. La décision a été prise après “les dépassements graves constatés qui ont provoqué une hémorragie de devises sans que cette allocation ne bénéficie aux véritables bénéficiaires”. L’objectif est d’éliminer “les intermédiaires et certaines agences de voyages qui exploitent illégalement cette allocation”.
La nouvelle mesure sera-t-elle efficace ? Sans préjuger que le gouvernement a enfin trouvé la panacée, le trafic risque de ne plus être un simple tour de passe-passe.
L’imposition de la carte bancaire est susceptible de réduire drastiquement les abus pour plusieurs raisons. D’abord, la carte bancaire permet une traçabilité sans faille des dépenses effectuées, ce qui peut faciliter aux services de contrôle de vérifier l’usage qui a été fait du montant versé. Aussi, les retraits d’espèces par carte sont limités à un certain plafond déterminé par chaque banque. Retirer l’intégralité du montant (750 euros) dans un pays étranger risque de nécessiter d’y rester une longue période, ce qui implique des dépenses et des charges. Or, l’objectif du trafiquant, c’est de dépenser le minimum pour revendre le reste au marché parallèle.
Les frais d’ouverture d’un compte en devises et de délivrance d’une carte (Visa ou MasterCard) sont un autre élément qui risque de dissuader les faux touristes. Les banques en Algérie, nationales ou étrangères, exigent le dépôt d’un minimum de 500 euros, en plus de disposer d’un compte en dinars crédité d’un minimum de 15.000 dinars pour certaines, comme Société Générale Algérie.
Devoir mettre jusqu’à 1000 euros pour obtenir 750 euros à revendre reviendrait à perdre au change, ce qui n’est pas l’objectif des trafiquants. Avec la nouvelle mesure, les autorités ont choisi de s’attaquer à la rentabilité du trafic. C’est pourquoi la décision est susceptible de produire un effet immédiat.