
« Comme elle a été le phare des révolutionnaires, l’Algérie sera le luminaire de l’Afrique. » Ces propos sont du Premier ministre Sifi Ghrieb, qui a inauguré ce mercredi 3 juin une grande centrale électrique à Niamey.
Par le lancement de grands projets dans les pays du Sahel, l’Algérie acte son grand retour dans cette région et concrétise son approche stratégique pour la stabilité régionale, fondée sur le développement économique et social.
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Une centrale en moins de deux mois : Sifi Ghrieb salue le « génie algérien »
Le Premier ministre algérien est arrivé ce mercredi matin dans la capitale du Niger, accompagné du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et du directeur de l’Agence algérienne de coopération internationale, Abed Hallouz.
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C’est la deuxième visite de Sifi Ghrieb au Niger en un peu plus de deux mois, ce qui démontre le raffermissement des relations bilatérales et l’intérêt que porte l’Algérie au renforcement de ses liens avec ce pays voisin et les autres États du Sahel.
Le 23 mars dernier, il avait coprésidé à Niamey, avec son homologue nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, la deuxième session de la Grande Commission mixte entre les deux pays.
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À la même occasion, les deux Premiers ministres avaient procédé, à Gorou Banda, dans la capitale nigérienne, à la pose de la première pierre de la « centrale électrique de la solidarité algéro-nigérienne », d’une capacité de 40 mégawatts.
Soixante-dix jours plus tard, soit dix mois avant l’échéance prévue, Sifi Ghrieb est revenu pour participer à l’inauguration de cette centrale, offerte à titre de don par l’Algérie.
« Le projet a été réalisé en un temps record, 70 jours, grâce au génie algérien », s’est félicité M. Ghrieb dans une déclaration faite sur place à la presse algérienne.
Cela reflète, a-t-il ajouté, le niveau de mobilisation et de coordination entre les deux parties et témoigne de la forte volonté politique des dirigeants des deux pays de faire passer les relations bilatérales de la phase des accords à celle des réalisations concrètes.
« Le point de départ d’une dynamique prometteuse de projets »
En application des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la centrale a été réalisée par Sonelgaz International, filiale du groupe Sonelgaz, sous la supervision du ministère de l’Énergie, dans un délai record et dans le respect des normes techniques internationales.
Selon les informations fournies, le projet comprend une centrale de production d’électricité dotée de deux turbines à gaz d’une capacité de 20 mégawatts chacune, ainsi que le développement du réseau de transport et de distribution de l’électricité.
Cette réalisation s’inscrit dans le cadre de la coopération entre Sonelgaz International et Nigelec. Des agents de Nigelec ont en outre bénéficié d’une formation en Algérie.
Dans son allocution, Sifi Ghrieb a réaffirmé l’engagement de l’Algérie en faveur de l’édification d’un espace régional où règnent la sécurité, la stabilité, le développement et la prospérité. La réalisation de cette centrale électrique marque le point de départ d’une dynamique prometteuse de projets communs, a-t-il assuré.
Une autre centrale pour le Tchad, plusieurs pays africains intéressés
Le ministre de l’Énergie a annoncé, de son côté, la pose de la première pierre, dans les prochains jours, d’un projet de centrale électrique similaire (40 mégawatts) à N’Djamena, la capitale du Tchad.
Elle sera également réalisée par Sonelgaz International à la suite d’un accord signé entre les deux pays en mai dernier.
Mourad Adjal a indiqué que le géant algérien de l’électricité avait entamé les préparatifs pour de nouveaux projets dans plusieurs pays africains et a fait état d’un intérêt croissant pour l’expertise de Sonelgaz International de la part de plusieurs États du continent, dont la Côte d’Ivoire et le Mozambique.
Réunion ce mercredi à Alger sur le TSGP
Le projet commun phare entre l’Algérie et le Niger, c’est le gazoduc transsaharien (TSGP) destiné à acheminer le gaz du Nigeria jusqu’en Europe via le Niger et l’Algérie.
La capitale algérienne abrite ce mercredi la 5ᵉ réunion ministérielle du comité de pilotage du TSGP, avec la participation des ministres chargés des hydrocarbures de l’Algérie, du Nigeria et du Niger.
Outre le TSGP, l’Algérie a engagé de nombreux projets énergétiques au Niger, notamment celui de l’exploitation conjointe du champ pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger.
Le mardi 2 juin, trois filiales de Sonatrach (Enageo, Enafor et Naftal) ont signé trois mémorandums d’entente avec Sonidep portant sur la réalisation de travaux de forage au Niger, le traitement des données sismiques ainsi que la coopération dans le domaine des produits pétroliers.