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Bab el-Mandeb sous contrôle houthi : l’Algérie face au risque de hausse des coûts d’importation

Le détroit de Bab el-Mandeb est passé sous contrôle houthi vendredi. Un éventuel blocage de ce passage crucial pour le transport maritime mondial aura un impact sur l’Algérie

Bab el-Mandeb sous contrôle houthi : l’Algérie face au risque de hausse des coûts d’importation
Quel impact d’un éventuel blocage de Bab el-Mandeb sur l’Algérie ?/ Photo de USGSsur Unsplash
Ali Idir
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Après le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran, les rebelles houthis ont pris le contrôle vendredi des côtes yéménites et de Bab el-Mandeb sur la mer Rouge au bout d’une attaque éclair vendredi 11 septembre.

Ce passage qui relie l’Asie à l’Algérie et à l’Europe, est crucial pour le transport maritime international et l’économie mondiale.

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En plus d’une grave crise énergétique mondiale avec un pétrole à plus de 150 dollars, un éventuel blocage de ce détroit impacterait la chaîne d’approvisionnement mondial et alourdirait la facture des importations pour l’Algérie dont le principal fournisseur est la Chine.

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« Il y a un risque de récession de l’économie mondiale »

« Bab el-Mandeb risque également le blocage. Son impact est aussi très important car ce n’est pas uniquement le pétrole et le gaz, c’est aussi les conteneurs de produits manufacturiers qui vont de l’Asie vers l’Europe et vice versa », explique à TSA, l’économiste Brahim Guendouzi.

Les conséquences d’un éventuel blocage de Bab el-Mandeb sont incalculables. Cela obligerait les navires à faire un long détour par le Cap de Bonne espérance en Afrique du Sud, ce qui se traduirait par une hausse des coûts et un rallongement des délais d’importation.

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« Les échanges commerciaux entre l’Asie et l’Europe ainsi que le bassin méditerranéen seront touchés. L’Égypte subira également les conséquences avec le ralentissement des passages de navires par le canal de Suez », projette M. Guendouzi en soulignant l’importance stratégique de Bab el-Mandeb pour l’Iran, le seul pays qui a applaudi la prise de guerre des Houthis.

« Bab el-Mendeb est le 2e atout de l’Iran pour renforcer sa position dans le conflit qui l’oppose à Israël et les États-Unis. Si les deux détroits arrivent à la paralysie totale, ce sera un risque de récession économique mondiale, comme cela a été le cas avec la période du Covid qui avait vu l’arrêt du transport aérien international. En géopolitique, la logistique est un levier stratégique », prévient M. Guendouzi.

Pourquoi le blocage de Bab el Mendeb va impacter l’Algérie

L’Algérie, dont l’essentiel des importations provient de Chine, doit se préparer au pire des scénarios. « La Chine est le premier fournisseur de l’Algérie. Les importations ne vont pas s’arrêter mais il y aura un allongement des délais et un renchérissement du fret maritime. Ce sera d’ailleurs le cas pour la plupart des pays qui commercent avec l’Asie », explique le professeur en économie à l’université de Tizi-Ouzou.

Le verrouillage d’Ormuz, où transite 20 % du pétrole, du gaz et des engrais consommés dans le monde, impacte directement les prix du pétrole et des produits agricoles. Si les Houthis ferment Bab el-Mandeb, le monde entier sera impacté, à commencer par la Chine.

« Dans cette crise, on attend la réaction de la Chine car elle sera touchée dans ses approvisionnements en énergie mais surtout dans ses exportations dont une grande partie passe par la mer Rouge vers l’Europe et l’Afrique du nord », explique M. Guendouzi.

Déjà impactée par le blocage du détroit d’Ormuz pour ses importations d’engrais et de produits plastiques (PET et PEHD) destinés notamment à la production de bouteilles d’eau minérale, l’Algérie risque de voir sa facture des importations flamber si les Houthis passent à l’action et bloquent Bab el-Mendeb. D’où la nécessité d’accélérer le développement de la production locale des produits stratégiques afin de ne pas trop dépendre des importations.

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