Société

Bejaïa sans nouvelles de 23 jeunes migrants clandestins

Le phénomène de l’émigration clandestine vers l’Europe prend de l’ampleur en Algérie. Même en hiver, les candidats n’hésitent pas à prendre la mer dans des embarcations de fortune pour rejoindre les côtes européennes. Certains y arrivent, d’autres périssent en mer alors que des candidats ne donnent pas de nouvelles pendant des jours, laissant leurs familles et leurs proches dans l’angoisse.

A Bejaia, 23 jeunes migrants clandestins Algériens, qui ont pris la mer à bord d’une embarcation à partir d’une plage de la région jeudi  17 décembre peu après 5 h du matin et n’ont plus donné signe de vie.

« On ne sait rien de ce qui leur est arrivé »

Leurs familles et toute la population de la région vivent dans l’anxiété et scrutent la moindre information concernant le sort des jeunes disparus.

« On ne sait rien de ce qui leur est arrivé. Personne ne sait s’ils sont arrivés à destination ou pas. Tout ce qui se partage sur les réseaux sociaux n’est que rumeurs », indique un citoyen sur la page Facebook « Bejaïa sois l’observateur », invitant les internautes à ne pas publier des informations erronées et à respecter la situation que vivent les familles.

Une situation qu’il décrit comme intenable, soulignant que plusieurs parmi les mères des jeunes disparus ont été évacuées à l’hôpital. « Ils sont très jeunes, certains sont nés en 1998 et 1999 », précise-t-il.

De plus en plus de migrants clandestins Algériens gagnent les côtes européennes, notamment l’Espagne. Mais pour certains, l’aventure s’arrête dramatiquement en mer.

Depuis le 9 novembre, 14 migrants qui tentaient la traversée de Boumerdès à Majorque, en Espagne, n’ont plus donné signe de vie. Quatre jours plus tard, 13 personnes embarquent vers les côtes espagnoles à partir de Boumerdès également.

Cinq sont retrouvées mortes tandis que les huit autres sont portées disparues. Selon le journal espagnol El Diario de Murcia, qui citait en début de semaine le Centre international de l’identification des migrants disparus (CIPIMD), 53 Algériens sont morts ou portés disparus uniquement en novembre dernier.

« La route entre l’Afrique du Nord et les Îles Baléares est dangereuse. Je ne comprends pas pourquoi les médias n’en parlent que très peu, » s’offusque Maria Angeles Colsa membre du CIPIMD.

Rien n’indique néanmoins que les 23 harragas de Béjaïa ont été victimes de naufrage en mer. Il arrive en effet que des harragas prennent attache avec leur famille plusieurs jours après le départ. En tout cas, leurs proches ne perdent pas espoir.

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