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Brahim Hammouche, député à l’Assemblée française qui rêve d’un « Macron algérien »

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Médecin-psychiatre de formation, Brahim Hammouche a été élu député sous l’étiquette MoDem aux élections législatives de juin. Dans son parcours, l’engagement politique de Brahim Hammouche intervient relativement tard. Il a 30 ans en 2002 quand Jean-Marie Le Pen se qualifie au second tour de l’élection présidentielle. « Un déclic ». Il passe quelques années au PS. Mais l’absence de réflexion sur la crise dans les banlieues à l’automne 2005 et le décalage entre les paroles et les actes poussent le jeune médecin à claquer la porte de ce parti.

En 2007, il adhère au MoDem, le parti centriste de François Bayrou. À l’élection présidentielle, le candidat réalise un score de 18,57%, et devient le troisième homme de ce scrutin. Dix ans plus tard, quand on interroge Brahim Hammouche sur l’échec de Bayrou, il répond : « Il aurait peut-être fallu s’allier à Ségolène Royal, la candidate du PS ». Puis s’arrête. « C’est aussi une question de circonstance, le temps du renouveau n’était pas encore venu, les formations politiques traditionnelles pas aussi décomposées… ». 

« Macron-compatible »

Bien qu’il soit encarté au MoDem, et président de section départementale, il assume, dès fin 2016, sa « Macron-compatibilité ». « Il faut être flexible. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’on n’a pas de valeurs ou de principes », tient-il à préciser. Début 2017, il attend de voir si Bayrou se porte candidat. Finalement, en février, le centriste renonce et propose une alliance à Emmanuel Macron. En lui apportant son soutien, le patron du MoDem négocie des sièges pour son parti à l’Assemblée. Puis, tout va très vite. Quelques semaines avant le scrutin, Brahim Hammouche se porte candidat aux élections législatives. Celui qui a toujours vu la politique comme un « engagement » et qui n’a « jamais aspiré à faire carrière en politique », est élu face à un candidat Front National dans sa circonscription.

Histoire compliquée 

Né en Algérie en 1971, Brahim Hammouche arrive en France avec ses parents originaires de Petite Kabylie en 1973. La famille s’installe en Lorraine, dans le nord-est du pays. « J’ai toujours vécu dans cette région », raconte-t-il à TSA. Si certains sont irrités, pour ne pas dire exaspérer, à l’idée d’être sans cesse renvoyés à leurs origines, le néo-député, lui, assume : « Cela ne me gêne pas, ça fait partie de mon identité ».

Cet héritage, il aimerait justement le mettre à profit pendant son mandat, et travailler sur le rapprochement franco-algérien. Il pense déjà à plancher sur la question des échanges universitaires. « Cela reste extrêmement compliqué pour les étudiants de venir en France ». 

Ce psychiatre de profession est loin d’être dupe. Il sait qu’entre la France et l’Algérie, la question mémorielle est compliquée. Douloureuse. Clivante. « En France, on se rend compte que, même au niveau associatif, il n’y a pas de partage de mémoire. Nous ne sommes même pas d’accord sur les dates. Certains disent qu’il faut célébrer le 19 mars, d’autres le 17 octobre ». Pour les jeunes issus de l’immigration, beaucoup de questions ont également été laissées en suspens : « Il y a une certaine pudeur. La transmission intergénérationnelle sur cette période ne s’est pas faite non plus ».

Il rêve d’un « Macron algérien » 

Dans un contexte où l’Histoire continue d’empoisonner les relations entre Paris et Alger, le député estime que les propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation ont été mal compris en France. À ceux qui défendent les bienfaits de la colonisation, il rappelle que les écoles françaises étaient inexistantes dans les campagnes. « La République s’arrêtait dans les grandes villes » et que des gens furent chassés de leurs propres terres. Mais, tient-il à nuancer, on ne doit pas avoir une vision réductrice de l’Histoire. « Il y a eu des choses positives et des choses dramatiques ». « La politique, poursuit-il, ne devrait peut-être pas trop se mêler de mémoire. On essaye de réduire le débat à une vision manichéenne des choses, d’un côté il y aurait eu les bons, de l’autre les méchants ». 

Quand on l’interroge sur l’avenir de son pays d’origine, il est plein d’enthousiasme. « C’est un pays avec une population jeune. Il y a tout à faire, il faudrait notamment pouvoir développer le tourisme ».

Néanmoins, Brahim Hammouche reconnaît que sa vision des choses est biaisée : l’Algérie, il y retourne pour les vacances uniquement. Il n’est toutefois pas dupe sur la situation actuelle. « Comment sevrer le pays de la rente pétrolière ? ». D’autres, avant lui, ont planché sur la question. Pour « bousculer tout ça », « sortir du conservatisme », Brahim Hammouche imagine l’après-Bouteflika avec un « Macron algérien ». 

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