
La canicule qui frappe la France impacte surtout les plus vulnérables. C’est le cas d’une Algérienne de 66 ans qui, faute d’autre endroit où aller, a dû se résigner à rester sous le toit en Zinc d’un immeuble parisien. Jusqu’à perdre la vie dans la fournaise.
Ce cas émouvant est rapporté par le journal Le Parisien auquel les voisins de la défunte ont raconté son dur quotidien qui ne lui a toutefois pas fait perdre sa bonté.
A lire aussi : OQTF confirmée pour une famille algérienne installée en France depuis 2018
Une fille de cadres qui a quitté l’Algérie dans les années 1990
A lire aussi : Consulats d’Algérie : avis important aux jeunes de la diaspora
Wahida Kerchache n’a pas vraiment choisi la vie dure qu’elle a menée en France. Fille de cadres, elle a dû quitter l’Algérie dans les années 1990 pour fuir la violence terroriste. “Je sais que c’était quelqu’un de cultivé, qui venait d’un milieu bourgeois, fille d’une mère professeure d’anglais et d’un père chirurgien”, dit une de ses voisines parisiennes au Parisien.
A Paris, elle n’a jamais vraiment réussi à s’offrir une vie confortable. Travaillant depuis 18 ans auprès des personnes âgées, elle occupait une petite chambre de bonne au septième étage d’un immeuble du 14e arrondissement de Paris. Avec un toit de zinc, la chambre est dépourvue de volets et de stores.
A lire aussi : Crise France-Algérie et titres de séjour : « pourquoi prend-on les gens en otage ? »
Wahida Kerkache a vécu et est morte “dans un vrai four”
“Là-haut, c’était irrespirable, c’était un vrai four”, décrit une autre voisine au même média.
Les autres occupants de l’étage, des étudiants notamment, sont tous partis ailleurs dès le début de la canicule, et seule la sexagénaire algérienne est restée. Elle n’avait nulle part où aller. Elle avait effectué une demande de logement social et était toujours sur liste d’attente.
Elle a été vue la dernière fois le 24 juin, la journée la plus chaude jamais enregistrée en France, précise Le Parisien. Son employeur et ses voisins s’inquiètent. Puis sentent des odeurs. Appelés, les pompiers entrent dans sa chambre le 29 et découvrent son corps sans vie.
“Pas de famille à prévenir”
Wahida, qui signifie en arabe la seule, ou l’unique, est morte dans la solitude. “On ne lui connaissait pas de proches à Paris, pas de famille à prévenir. On voulait lui rendre hommage, envoyer des fleurs à son enterrement mais on ne savait pas comment”, dit une de ses voisines, Danielle.
La défunte est très appréciée par son entourage. Malgré sa situation difficile elle était serviable et avait de bons rapports avec tout le monde. Ses voisins décrivent une femme “très sensible, très agréable” et “généreuse” qui offrait des cadeaux aux enfants à Noël, “alors qu’elle-même n’en avait jamais eu”.
Wahida est une des nombreuses victimes des vagues successives de canicule en France. Selon Santé publique France il y a eu “au moins 4 500 décès de plus qu’attendu pour le seul épisode de fin juin, sans doute autour de 6 000 au final”, rapporte Le Parisien. Des victimes de la chaleur certes mais aussi, dans beaucoup de cas, de la solitude et de la précarité.