
Le ministre de l’agriculture Yacine Oualid a dévoilé des chiffres effarants de la sécheresse qui a touché les agriculteurs dans plusieurs régions d’Algérie notamment durant la saison 2022-2023, et les mesures prises pour leur venir en aide.
Dans sa réponse à la question écrite du député, Ahmed Beldjilali, en date du 29 décembre 2025, le ministre de l’Agriculture, Yacine Oualid, a affirmé que les agriculteurs ayant touché par la sécheresse ou les autres intempéries ont été pris en charge pour les catastrophes naturelles non assurées, en les aidant à reprendre leur activité agricole. Il a été ainsi procédé à l’indemnisation totale ou partielle de leurs biens au sein de leurs exploitations agricoles ciblées par ce phénomène durant la saison 2022-2023.
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Algérie : 95.000 agriculteurs touchés par la sécheresse en 2022-2023
L’évaluation effectuée par la tutelle a indiqué que 34 wilayas du pays ont été endommagées par cette sécheresse. Les enquêtes menées sur le terrain par les comités techniques régionaux ont révélé que pas moins de 95.000 agriculteurs ont été touchés par cette catastrophe dans ces wilayas durant la saison agricole 2022-2023. De ce total, 14 000 ont été recensés dans la seule wilaya de Tiaret qui a été durement touchée par las sécheresse.
Le ministre a expliqué que « l’Algérie a connu ces dernières années de graves fluctuations climatiques dues au changement climatique, telles que la hausse des températures, la raréfaction des précipitations et les périodes de sécheresse prolongées ».
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D’autres catastrophes naturelles telles que les feux de forêt et les inondations, ont affecté, en outre, négativement la production agricole et l’élevage, notamment au cours de la saison agricole 2022-2023, est-il mentionné dans la réponse du ministre.
Des mesures de soutien
« Durant cette saison, le secteur a enregistré un déficit hydrique de 90 %, touchant la plupart des wilayas du nord, en particulier durant les mois de mars et d’avril, période critique pour la germination des cultures pluviales, ce qui a directement affecté la productivité », a expliqué Yacine Oualid.
Cette situation a contraint le ministère à activer le fonds de garantie contre les catastrophes naturelles et relancer les commissions techniques au niveau des wilayas concernées. « Tous les moyens humains et matériels ont été mobilisés pour établir un constat exact à travers le réseau d’experts conventionnés avec la Caisse nationale de la mutualité agricole (CNMA) », a expliqué le ministre dans sa lettre.
Pour une meilleure adaptation au changement climatique, il a affirmé que le secteur agricole a adopté une stratégie et une feuille de route nationales visant à adapter l’activité agricole aux nouvelles conditions climatiques. Dans ce cadre, il a été décidé d’étendre les surfaces irriguées, en généralisant les systèmes d’irrigation moins consommateurs d’eau et en réutilisant l’eau traitée en agriculture.
« En ce qui concerne les dégâts occasionnés par la sècheresse durant ladite saison, des décisions urgentes ont été prises en coordination avec d’autres secteurs tels que l’hydraulique, l’intérieur, les finances, et en association avec la chambre nationale d’agriculture et l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) », a noté le ministre.
Il a été question, à ce propos, d’une compensation en nature pour les producteurs de céréales des wilayas du nord, sous la forme de la fourniture gratuite de semences et d’engrais par l’Office interprofessionnel algérien des céréales (OAIC), et un report de 36 mois des redevances de concession agricole sans exiger un acompte de 10 %.
Les prêts « Rfig » seront également rééchelonnés sur trois ans, l’État prenant en charge les intérêts. Un crédit sans intérêt de 20 000 dinars par hectare, dans la limite de 30 hectares et remboursable sur trois ans, est accordé aux producteurs de céréales.
Ces mesures comprennent également l’indemnisation des agriculteurs touchés par les inondations de 2024, par l’octroi d’une subvention financière de 50 000 dinars à chaque agriculteur concerné, en plus d’une compensation en nature par le biais du Fonds de garantie des catastrophes agricoles.
Les producteurs de céréales touchés par le phénomène de germination des épis ont également été pris en charge, grâce au transfert de 723 332 quintaux de blé à l’Office national de l’aliment de bétail (Onab) à un prix de 4 000 dinars par quintal, l’État prenant en charge la différence de prix estimée à 1 300 dinars par quintal.
Dans le cadre de l’élargissement du soutien, les producteurs de légumineuses, de pommes de terre et de tomates industrielles ont été inclus dans les programmes d’aide, en plus de la tenue de séances de consultation avec la Banque de l’agriculture et du développement rural (Badr) afin de rééchelonner les dettes des agriculteurs dans les zones les plus touchées par la sécheresse.
En conclusion, le ministre de l’Agriculture a affirmé que le secteur a mobilisé tous les moyens et les capacités pour soutenir les agriculteurs et les éleveurs afin d’assurer le succès de la campagne agricole 2025-2026 et de lever tous les obstacles qui pourraient entraver leurs activités, afin de garantir la continuité de l’activité agricole et d’accroître la production nationale.