
L’Algérie se tourne résolument vers l’Afrique. Trois mois après la très réussie Foire du commerce intra-africain (IATF 2025), Alger accueillera un autre événement économique continental d’envergure, la Conférence africaine des startups (ASC 2025), prévue du 6 au 8 décembre prochain au Centre international des conférences (CIC).
C’est la quatrième édition de l’événement lancé en 2020 dans le sillage du projet du président de la République Abdelmadjid Tebboune qui tend à bâtir une véritable économie de la connaissance et qui a permis à l’Algérie de passer de 200 startups en 2019 à plus de 10.000 aujourd’hui, avec l’objectif d’atteindre 20.000 en 2029.
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L’édition de cette année s’inscrit aussi dans la continuité des orientations du chef de l’État pour le soutien aux jeunes entrepreneurs africains.
L’événement est justement placé sous le haut patronage du président de la République, sous le thème “Raising african champions”. L’invité d’honneur sera le Rwanda, un pays “reconnu pour la vitalité de son écosystème d’innovation et son leadership dans la transformation digitale du continent africain”.
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L’ASC 2025 “rend hommage aux fondateurs et startups africaines qui incarnent la créativité, la résilience et l’ambition portées par la jeunesse du continent” et “réaffirme l’ambition collective de construire un écosystème africain solide, interconnecté et fondé sur l’innovation”, indique le ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises dans un communiqué.
L’Algérie montre la voie : transformer le potentiel en performance
L’objectif est ambitieux et d’une grande clarté : “Transformer la perception de l’entrepreneuriat africain du potentiel à la performance”.
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“Il s’agit de réunir les acteurs africains influents dans un même endroit. L’ASC est le seul événement annuel qui réunit les ministres africains chargés des technologies de l’information, de l’innovation et de l’entrepreneuriat, les jeunes innovants et les investisseurs”, a expliqué pour sa part le ministre du secteur Noureddine Ouadah, ce jeudi 13 novembre à Alger au cours d’une conférence de presse dédiée à la présentation de l’événement. Autrement dit, connecter les innovateurs africains d’abord entre eux, puis avec les donneurs d’ordres politiques et économiques.
Conformément aux orientations du président de la République, “l’événement servira également de plateforme pour renforcer les initiatives de l’Union africaine et connecter les entrepreneurs africains innovants aux investisseurs et partenaires de développement, tant au niveau continental qu’international”, insiste le communiqué.
Beaucoup de monde est en effet attendu à Alger : ministres, officiels, organisations internationales, entrepreneurs, investisseurs et leaders technologiques “venus d’Afrique et d’ailleurs”, égrène le communiqué du ministère. Ils auront à partager leurs expériences, élaborer des politiques ambitieuses et renforcer la coopération dans le domaine de l’innovation, ajoute la même source.
Cela se fera à travers les trois points marquants de l’ASC 2025, soit une “conférence ministérielle”, un “sommet gouvernement-champions” et une “exposition des startups”.
La conférence ministérielle réunira plus de 40 ministres africains ainsi que des hauts responsables de l’Union africaine et d’organisations internationales partenaires qui débattront des ”politiques publiques favorisant le développement d’écosystèmes d’innovation et l’émergence de champions continentaux”.
Le sommet gouvernement-champions sera l’occasion pour un “dialogue exclusif de haut niveau” entre ministres africains et fondateurs de startups leaders afin de “partager une vision commune de l’avenir de l’entrepreneuriat africain”, “inspirer une nouvelle génération d’entrepreneurs” et “influencer les débats clés du secteur”.
À travers l’exposition prévue au programme de l’ASC 2025, les startups du continent auront l’opportunité de présenter leurs innovations dans l’intelligence artificielle, la fintech, l’agritech, les technologies vertes et la santé digitale.
L’événement accueillera en tout 25.000 participants, une quarantaine de délégations ministérielles, 300 experts internationaux, au moins 150 investisseurs et 200 exposants.
Dans ses réponses aux questions de la presse, le ministre Noureddine Ouadah a beaucoup insisté sur l’importance de la présence des investisseurs et leur connexion avec les startups et les porteurs de projets.
Entre 150 et 200 investisseurs attendus à Alger
“Nous attendons entre 150 à 200 investisseurs africains et internationaux. Les startups auront l’opportunité de déposer leurs innovations à travers une plateforme numérique dédiée à cet effet et elles seront contactées par des investisseurs pour convenir d’une rencontre”, a-t-il illustré.
Le GP/LP Summit (general partners et limited partners), prévu en marge de la conférence, est un des mécanismes “très concrets” mis en place pour connecter les investisseurs et les startups du continent.
“Dans le mécanisme mondial de financement des startups, il y a les fonds d’investissement, les entreprises de gestion et les startups. Très souvent, les fonds d’investissement ne traitent pas directement avec les startups, ils passent par les entreprises de gestion de fonds. Ce GP/LP Summit qui va avoir lieu en Algérie, et qui réunira des dizaines d’institutions financières et des dizaines de gestionnaires de fonds, dont certains sont algériens, permettra d’une manière très pragmatique de décider le financement de startups africaines, et essentiellement algériennes”, a expliqué Noureddine Ouadah.