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COP 31 à Antalya, un test pour le multilatéralisme climatique : enjeux pour l’Algérie

La COP 31 se tiendra du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya en Turquie, sur fond de tensions géopolitiques et de crise énergétique. Quels sont les enjeux pour l’Algérie ?

COP 31 à Antalya, un test pour le multilatéralisme climatique : enjeux pour l’Algérie
À Belém, en 2025, la COP 30 n'a pas permis d'inscrire une référence explicite aux énergies fossiles dans le texte final / Source image : DR pour TSA
Amar Belani
Durée de lecture 3 minutes de lecture
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La COP 31 se tiendra du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya en Turquie, sur fond de tensions géopolitiques, de crise énergétique et de désaccords persistants sur la réduction des émissions.

À Belém, en 2025, la COP 30 n’a pas permis d’inscrire une référence explicite aux énergies fossiles dans le texte final. Antalya devra relancer les discussions sur la transition énergétique.

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La Turquie accueille la conférence, en assure la présidence et pilote l’Agenda d’action. L’Australie dirige les négociations officielles. Ce partage des responsabilités résulte d’un désaccord prolongé entre les deux pays. La réunion préparatoire aux Fidji a renforcé la visibilité des priorités des petits États insulaires du Pacifique.

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La Turquie mise sur la mise en œuvre de la COP 31

Ankara veut faire de la COP 31 une « COP de la mise en œuvre », centrée sur les engagements existants, le financement et les énergies propres.

La feuille de route de Bakou à Belém vise à mobiliser 1.300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour l’action climatique dans les pays en développement. Le défi consiste à transformer cet objectif en financements accessibles et prévisibles.

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Murat Kurum, président de la COP 31, défend l’économie circulaire, le programme Zéro Déchet, la lutte contre la déforestation et un objectif mondial d’électrification de 35 % d’ici 2035.

Ankara privilégie une diversification progressive plutôt qu’une sortie générale des combustibles fossiles. Cette position lui permet de se présenter en intermédiaire entre pays développés et pays en développement.

L’Australie face à ses contradictions

Canberra veut poursuivre les négociations sur la sortie du charbon, du pétrole et du gaz.

L’Australie reste pourtant l’un des principaux exportateurs mondiaux de combustibles fossiles. Sa crédibilité dépendra de sa capacité à concilier ses engagements climatiques avec ses intérêts énergétiques nationaux.

Une ambition collective insuffisante

Les États-Unis, la Chine, l’Inde et la Russie défendent des intérêts divergents qui freinent l’ambition climatique collective.

Antalya devra favoriser de nouvelles contributions nationales, renforcer les mécanismes de suivi et accélérer l’application des engagements existants.

L’adaptation, source de tensions Nord-Sud

Les pays vulnérables réclament des financements supplémentaires pour l’adaptation et les pertes et préjudices.

Les besoins d’adaptation des pays en développement atteignent plusieurs centaines de milliards de dollars par an. Le fonds pour les pertes et préjudices n’a recueilli qu’environ 800 millions de dollars de promesses, selon les estimations antérieures.

Le retrait américain du Fonds vert pour le climat et de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques fragilise la coopération internationale.

L’Afrique estime ses besoins climatiques à 2.800 milliards de dollars pour 2020-2030, avec un déficit de 2.500 milliards. Elle réclame qu’au moins la moitié des financements climatiques soit consacrée à l’adaptation.

Les petits États insulaires demandent des moyens face à la montée des eaux, à l’érosion côtière et au blanchissement des coraux. Aux Tuvalu, archipel d’environ 10.600 habitants, la submersion menace la continuité territoriale. Les pays du Pacifique placent les océans, le financement et l’objectif de 1,5 °C au cœur des négociations.

Combustibles fossiles : les lignes de fracture

L’Arabie saoudite s’oppose aux feuilles de route internationales imposant une sortie du pétrole et du gaz. Elle défend la souveraineté énergétique et refuse les trajectoires contraignantes sans consensus.

La Russie rejette également les feuilles de route qu’elle estime imposées sans accord collectif. Moscou défend le rôle du gaz naturel dans la sécurité énergétique et la transition.

La Chine invoque les responsabilités communes, mais différenciées, réclame les financements promis par les pays développés et conteste les mesures commerciales unilatérales, notamment le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières. Son expansion aux énergies renouvelables coexiste avec une forte dépendance au charbon.

L’Inde prévoit pour 2035 une baisse de 47 % de l’intensité de ses émissions par rapport à 2005 et une part de 60 % de capacités électriques installées non fossiles.

Son système électrique reste fortement dépendant du charbon. New Delhi défend la sécurité énergétique, le droit au développement et le financement international. À Belém, elle s’était opposée à toute mention explicite des combustibles.

Le Brésil a défendu à Belém une feuille de route sur la sortie des énergies fossiles. Faute de consensus, cette proposition n’a pas été intégrée au texte final. La présidence brésilienne poursuit des travaux volontaires destinés à alimenter les discussions jusqu’à Antalya.

L’Algérie entre intérêts gaziers et priorités africaines

Grand fournisseur de gaz de l’Europe, membre du groupe arabe et pays exposé à la désertification, l’Algérie défend le gaz naturel comme ressource stratégique de la transition.

Elle soutient également les renouvelables, la réduction du torchage et l’efficacité énergétique.

Alger doit préserver ses recettes d’exportation tout en diversifiant son économie. Son appartenance au groupe arabe n’implique pas un alignement systématique sur les positions saoudiennes.

À Antalya, elle devra concilier ses intérêts gaziers avec les priorités africaines : financement de l’adaptation, lutte contre la désertification et réponse au stress hydrique.

Antalya, épreuve de crédibilité pour le multilatéralisme

La COP 31 devra concilier des intérêts divergents. Les pays vulnérables réclament des financements prévisibles. Les partisans d’une réduction rapide des émissions veulent accélérer la sortie des combustibles fossiles.

Les producteurs défendent leurs revenus et leur sécurité énergétique. Les pays en développement demandent un partage équitable des efforts.

La présidence partagée entre Ankara et Canberra ajoute une difficulté institutionnelle. Le sommet sera jugé sur sa capacité à réduire les émissions, à mobiliser les financements annoncés et à renforcer l’adaptation.

Antalya devra démontrer que le multilatéralisme climatique peut encore produire des décisions applicables malgré les rivalités géopolitiques, les divergences énergétiques et les inégalités de moyens.

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