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Crèche ou nounou ? Le casse-tête des parents en cette nouvelle rentrée

Crèche ou nounou ? Le casse-tête des parents en cette nouvelle rentrée

La cloche a sonné. En ce début de rentrée sociale, les parents qui travaillent sont confrontés à un véritable casse-tête chinois. Où inscrire leurs enfants en bas âges ?

Les crèches situées dans leur axe de travail sont rares. Même souci pour les parents dont les enfants sont scolarisés dans le cycle primaire. Certes, la plupart des établissements sont dotés d’une cantine mais ils n’assurent pas la garde des enfants après le déjeuner de la mi-journée. Les écoliers sont relâchés dans la nature jusqu’à la reprise à 13h. Les parents sont pris entre le marteau et l’enclume.

Une seule alternative pour eux : solliciter les services d’une nounou. Celle-ci se charge d’attendre les écoliers à la sortie des classes à 11h 30. Elles les conduisent chez elle et les raccompagnent en début d’après-midi. A 15 h 30, elles se pointent de nouveau devant le portail pour les récupérer. Un service qui coûte entre 5000 à 6000 da par enfant. Côté crèche, pas toujours évident de trouver une place. Les structures étatiques sont saturées pour la plupart. Les établissements privés de qualité ne courent pas les rues, non plus.

Crèches saturées

Pour trouver une place, mieux vaut s’y prendre bien à l’avance. De préférence avant les vacances d’été. A la crèche du parc Mont- Riant (Telemly) où nous nous sommes rendus, la section des 4 ans est déjà complète « Il y a déjà 20 enfants. C’est le maximum » nous dit la directrice. Dans les crèches étatiques les tarifs sont de 9000 da mensuel par enfant. « Les petits peuvent être déposés à 7h 30 et récupérés à 17h 30 au plus tard » nous informe la responsable de cette structure.

Le privé prend les devants

A quelques encablures de là, l’établissement privé El kendi a ajouté une corde à son arc, pour cette rentrée 2018. En plus du préscolaire, primaire, collège et lycée, ce groupement scolaire à créer une cession ‘maternelle’ : « Depuis quelques jours, nous accueillons les petites à partir de 2 ans nous révèle Hayet Assaous, directrice de ce groupement scolaire privé. J’ai une grosse demande pour la tranche d’âge oscillant entre 2 et 5 ans. Les parents viennent de partout. Des quartiers d’Alger évidemment mais de la périphérie également comme Dar El Beida, Draria, Ouled Fayet… Nous disposons d’un transport scolaire .Une solution qui soulage de nombreux parents qui travaillent toute la journée et n’ont pas le temps de récupérer leurs enfants à cause des inextricables bouchons qui paralysent la capitale, aux heures de pointe. »

La méthode Montessori (apprentissage par le jeu) est appliquée aux petits qui viennent de faire leur rentrée dans cette section chez El Kendi. Les prix pour la maternelle sont de 8000 da (règlement tous les 4 mois). Les frais d’inscriptions s’élèvent à 12 000 da par an.

Les nounous tirent leur épingle du jeu

« Trouver une bonne crèche qui garde ma fille de 3 ans relève du parcours du combattant » nous dit une mère de famille. Je travaille toute la journée. Les crèches de qualité manquent cruellement. Certaines structures sont trop exiguës. Elles ne répondent pas aux normes. Les enfants ont besoin d’une cour et de grands espaces pour se défouler. Sans compter un personnel spécialisé qui fait souvent défaut, hélas. »

École primaire ‘El Hadika’ située à l’intérieur du parc de la Liberté (Bd Krim Belkacem). Il est 11 h 30. Une nuée de nounous s’agglutine devant le portail. Chacune d’entre elle récupère les chérubins dont elle a la garde. Meriem est architecte- urbaniste de formation. Elle a laissé tomber son travail pour se reconvertir en nourrice « J’ai treize enfants à ma charge, plus les miens qui sont au nombre de deux. J’habite à deux pas d’ici. Je récupère ce petit bataillon à 11 h 30 puis les raccompagne à l’école à 13 h. A la sortie des classes, je suis à nouveau ici. Je m’occupe de leur goûter à la maison, en attendant que leurs parents passent les récupérer. Je prends 5000 da par enfant. C’est un vrai travail, qui implique vigilance et responsabilité ».

Cantine mais pas de demi-pension

Sur place, nous rencontrons également une jeune maman. Hassiba est endocrinologue. D’habitude, elle fait appel à une nourrice pour récupérer et garder ses deux enfants jusqu’à la fin d’après-midi, mais aujourd’hui, c’est elle qui est là « Il y a quelque chose qui cloche dans ce système regrette-t-elle. Les écoliers déjeunent à la cantine mais il n’y a pas assez de personnel scolaire pour les garder. Résultat : ils sont donc relâchés après le repas à 11h 30. C’est juste aberrant ! Cela revient au même finalement. Les parents qui travaillent sont obligés de prendre des nourrices ou de quitter le bureau le temps de la coupure de la mi-journée. Une permanence devrait être créée afin de maintenir les écoliers à l’intérieur de l’établissement. Cela enlèverait une épine des pieds des parents qui travaille ».

Afin de pallier cette défaillance, un créneau s’est développé depuis quelques années déjà. Des femmes au foyer ont saisi la balle au bond pour en faire un job. Certaines d’entre elles ont même renoncé à leur emploi faisant d’une pierre deux coups : elles élèvent leurs propres enfants et apportent une paye à la maison. « En entreprise, je gagnais à peine 32 000 da. J’ai doublé mon salaire depuis que je bosse comme nounou » nous apprend Salima.

A la sortie des classes, nous avons également croisé Houda. A 34 ans, elle porte la double casquette de nounou et ‘d’escorte’ « Contre payement, j’accompagne les enfants de ma voisine à l’école et les ramène chez eux, matin et soir. Avec les drames d’enlèvement et de viols qu’a connu notre société ces dernières années, les parents ne lésinent pas sur les moyens afin de protéger leurs bambins Je prends 4000 da pour ce genre de service » nous révèle- t- elle.

Entre embouteillage, manque de crèches, défaillance de personnel spécialisé, prix exorbitants, faire garder ses enfants en bas- âge ou inscrits en petites classes relève de l’exploit pour des milliers de parents actifs. Après une accalmie qui aura duré le temps d’un été, retour vers les journées -marathon qui laissent toute la famille exsangue, en fin de journée.

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