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Crise France – Algérie : les mesures hostiles refont surface

Dans un contexte de dégel des relations entre Alger et Paris, certaines mesures hostiles à l’égard des ressortissants algériens refont étrangement surface

Crise France – Algérie : les mesures hostiles refont surface
En France, les mesures ciblant les ressortissants algériens refont surface / Par Leo Altman / Adobe Stock pour TSA
Riyad Hamadi
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Les prémices d’un réchauffement entre Alger et Paris constatés depuis quelques semaines tardent à se traduire en actes concrets sur le terrain, notamment du côté français où les mesures ciblant spécifiquement les voyageurs algériens ont subitement refait surface, que ce soit à la délivrance des visas ou à l’entrée sur le territoire français.

Les observateurs se demandent s’il s’agit d’un double langage de Paris où d’une action néfaste des relais dans l’administration de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau pour mettre en difficulté le nouveau locataire de Place Beauvau Laurent Nunez  dans son entreprise de renouer le dialogue avec l’Algérie, et bloquer la phase de « réengagement » entre les deux pays.

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Double langage et volonté de mettre en difficulté Nunez ?

C’est le président des Républicains que l’Algérie avait désigné en avril dernier comme le responsable de l’échec d’une première tentative de dépasser la crise.

Au lendemain de la visite à Alger du chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, les services de la sécurité intérieure, sous la tutelle de Bruno Retailleau, ont procédé à l’arrestation d’un agent consulaire algérien. La crise est aussitôt retournée à la case départ avec des expulsions réciproques de diplomates jamais vues depuis l’indépendance.

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Retailleau a quitté le gouvernement début octobre dernier. Son successeur Laurent Nunez a apporté un discours apaisé qui a permis de faire bouger les choses et de renouer le contact. Nunez est d’ailleurs attendu à Alger où il a été précédé, fin novembre, par la secrétaire générale du Quai d’Orsay, Anne-Marie Descôtes.

Nouvelles restrictions sur les visas

Néanmoins, pendant que les deux capitales semblent faire le nécessaire pour dépasser la crise, des mesures coercitives à la mobilité des ressortissants algériens sont signalées par de nombreux témoignages.

Alors que les hauts cadres de certaines entreprises algériennes conventionnées avec les consulats de France en Algérie pouvaient jusque-là effectuer les démarches de demande du visa pour eux et pour leurs familles en une seule procédure, la disposition a été supprimée.

Lors du renouvellement des conventions de partenariat entre le Consulat de France et les entreprises, les familles des hauts cadres ont été exclues du dispositif qui leur permettait d’obtenir facilement des rendez-vous et des visas.

Désormais, les femmes et les enfants des cadres en question doivent faire leurs demandes de visa comme n’importe quel demandeur. Le canal spécial ouvert aux cadres pour accéder facilement aux rendez-vous leur a été fermé.

Mauvais accueil aux ressortissants algériens dans les aéroports français

Dans le même temps, des témoignages concordants font état d’un mauvais accueil réservé aux voyageurs algériens dans certains aéroports français.

Les Algériens ne sont pas refoulés mais subissent de longs délais d’attente et des tracasseries avant de pouvoir entrer sur le territoire français.

Ces comportements ont été signalés dans plusieurs aéroports particulièrement en dehors de Paris. À la sortie du territoire français, les ressortissants algériens sont interrogés sur l’objet de leur visite et où ils ont séjourné.

À l’entrée, ils doivent présenter les documents avec lesquels ils ont obtenu le visa (hébergement, réservation d’hôtel, ressources financières, assurance-voyage… ).

De tels traitements avaient été déjà signalés en janvier dernier et ont fait l’objet d’une vive protestation des autorités algériennes.

« L’Algérie relève avec une profonde préoccupation les témoignages concordants d’un certain nombre de ressortissants algériens sur des traitements provocateurs, dégradants et discriminatoires auxquels ils sont soumis par la Police aux Frontières au niveau des aéroports de Roissy Charles-De-Gaulle et d’Orly », avait dénoncé le ministère des Affaires étrangères qui a aussitôt convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France en Algérie.

À l’époque, les observateurs avaient soupçonné la main de Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur. Le retour de ces pratiques à ce moment précis et à large échelle laisse perplexe, de surcroît que le premier responsable des agents aux frontières, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, réitère dans toute ses sorties qu’il tient à la réconciliation avec l’Algérie et a annoncé lui-même qu’il se rendra à Alger pour amorcer officiellement le processus de sortie de crise.

Ces pratiques risquent de fragiliser le processus de réengagement entre les deux pays.

Lien permanent : https://tsadz.co/nevnu

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