
« L’approche algérienne pour la construction de la sécurité et de la paix en Afrique » a été au centre d’un séminaire national tenu ce lundi 4 mai au Cercle national de l’armée, à Béni Messous (Alger), en présence notamment du Premier ministre Sifi Ghrieb et du chef du ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale Saïd Chanegriha.
Celui-ci a fustigé dans son intervention les « agendas extérieurs qui ont fait de certaines crises africaines des arènes ouvertes à la recomposition des rapports de force et d’influence ».
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Définir une approche algérienne pour la paix et la sécurité en Afrique
Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN), le général d’armée a expliqué, devant les participants, que le séminaire vise à « définir les grandes lignes d’une proposition d’approche algérienne pour l’architecture de la paix et de la sécurité en Afrique ».
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Une approche fondée, a-t-il dit, sur « des principes clairs et une vision cohérente et intégrée des relations africaines ».
La démarche, a poursuivi M. Chanegriha, s’inscrit pleinement dans les orientations majeures de la politique étrangère algérienne, notamment dans sa dimension africaine, telles que soulignées par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, portant sur « la nécessité d’établir des partenariats équilibrés, de promouvoir l’action africaine commune, de rejeter les solutions imposées de l’extérieur, de privilégier le dialogue et de respecter la souveraineté des États ».
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C’est à partir de cette conception globale que l’Algérie insiste constamment sur « la responsabilité des États africains de renforcer les fondements de leur puissance nationale et de consolider leur immunité souveraine, afin de pouvoir contribuer collectivement à la construction d’un espace africain sûr et stable, fondé sur le respect mutuel, la solidarité, ainsi que des relations interétatiques mutuellement bénéfiques, loin de la logique de la dépendance ou de la subordination », a ajouté le chef d’état-major de l’ANP.
Les crises africaines ne résultent plus seulement de facteurs internes
Saïd Chanegriha n’a pas manqué de fustiger les interférences étrangères, soulignant que les crises sécuritaires en Afrique « ne résultent plus seulement de facteurs internes, mais sont désormais façonnées par des agendas extérieurs qui ont fait de certaines crises africaines des arènes ouvertes à la recomposition des rapports de force et d’influence, où se croisent des considérations de puissances, de ressources et de positions stratégiques dans un affrontement silencieux dans son apparence, profond dans ses enjeux et multidimensionnel dans ses outils ».
Selon le général d’armée, ce paysage se complique davantage dans « les zones à haute sensibilité géopolitique », où « des acteurs extérieurs instrumentalisent les conflits internes pour exploiter la fragilité structurelle des États, et ce, qu’elle induit en clivages politiques, afin de remodeler les réalités, que ce soit par la création d’entités parallèles, ou en attisant des desseins séparatistes, ou encore en conférant une légitimité au fait accompli, dépourvu de tout consensus national ou régional. »