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L’Algérie entame la préparation de son budget pour 2027 et fixe les priorités.
Dans sa lettre de cadrage pour la préparation de l’avant-projet de loi de finances pour 2027, adressée aux ordonnateurs du budget de l’État, le ministère des Finances a tracé les grandes lignes, les axes stratégiques du texte et les priorités qui devront être prises en compte par chaque secteur dans les propositions de budget. Les propositions devront être faites avant le 10 juin 2026.
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“Chaque dinar doit contribuer à la réalisation des politiques publiques”
Dans une conjoncture de ressources limitées, le gouvernement opte pour une approche de hiérarchisation des priorités qui garantit l’efficacité de l’action afin que “chaque dinar contribue effectivement à la réalisation des politiques publiques”.
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Le ministère souligne que la préparation du projet de loi survient dans une conjoncture internationale marquée par des tensions et des incertitudes géopolitiques et commerciales persistantes.
Dans un environnement où “les marges de manœuvre budgétaires sont réduites”, il est impératif, estime le ministère des Finances, de faire preuve d’une “vigilance accrue et d’une capacité d’adaptation rapide aux mutations globales, en conciliant la préservation du pouvoir d’achat avec le maintien d’un investissement public soutenu et une trajectoire crédible de maîtrise des finances publiques”.
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Poursuite des investissements publics et des projets structurants
Le ministère demande de poursuivre l’effort public entrepris ces dernières années (promotion de l’investissement, parachèvement des grands projets structurants, diversification de l’économie, augmentation des exportations hors hydrocarbures) et d’inscrire l’action budgétaire dans une logique de “responsabilité et de performance”.
Le niveau des dépenses publiques devra être guidé par “la soutenabilité budgétaire à moyen terme et la nature limitée des recettes, qui nous dictent dès lors plus de vigilance dans nos prévisions de dépenses”, lit-on.
La priorité devra ainsi être donnée à l’accélération et à la consolidation de la dynamique de croissance, à la diversification des sources génératrices de recettes, au soutien aux secteurs hors hydrocarbures et à forte valeur ajoutée, à l’amélioration du climat des affaires, à l’encouragement de l’industrie locale et des start-ups, au parachèvement du programme d’investissement en cours de réalisation et à la poursuite des grands projets stratégiques structurants, notamment dans le secteur des mines.
Le ministère des Finances met aussi l’accent sur l’accompagnement des projets agricoles structurants, notamment dans le sud, le développement des filières stratégiques, l’extension des périmètres irrigués, l’augmentation des capacités de stockage et de production, l’amélioration du rendement des céréales, la création de coopératives spécialisées, l’accélération des projets de réalisation de barrages et des stations de dessalement, avec l’interconnexion des barrages, ainsi que l’entretien et la modernisation des réseaux de distribution.
Maintien des subventions des produits de première nécessité
En ce qui concerne le développement humain, il est préconisé de maintenir l’effort d’investissement dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur, avec la numérisation des processus, afin d’améliorer l’encadrement et de garantir un service public plus équitable, plus performant et mieux adapté aux attentes des usagers.
L’autre objectif stratégique tracé est d’optimiser l’utilisation des infrastructures afin de maximiser leur efficacité opérationnelle.
Le ministère des Finances a également instruit les ordonnateurs à prendre en compte les impératifs de réduction des disparités régionales, de promotion des zones les moins développées et de soutien à l’accès au logement dans toutes ses formes.
Concernant la préservation du pouvoir d’achat des Algériens, il est prévu de poursuivre le soutien aux produits de première nécessité et de large consommation, ainsi qu’aux dispositifs d’aide et de solidarité en faveur des tranches sociales les plus vulnérables.
La lettre de cadrage souligne par ailleurs l’importance qui doit être accordée à la modernisation et à la numérisation de l’administration publique et des services de l’État.
Pour une meilleure efficacité de la dépense publique, les ordonnateurs sont tenus d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles, d’aligner les crédits des dépenses sur les besoins réels, de centraliser les achats et de mutualiser les moyens, et d’adopter une “gestion réaliste et efficiente, sans gaspillage”.
Il leur est aussi demandé de hiérarchiser les actions par ordre de priorité selon leur contribution aux objectifs stratégiques du secteur, leur efficacité socio-économique et leur degré d’urgence. “Les dépenses dont l’opportunité n’est pas avérée devront être reportées ou supprimées”, lit-on dans la lettre de cadrage.
La priorité “absolue” doit être accordée au parachèvement des opérations en cours de réalisation, notamment celles ayant atteint un taux de réalisation de plus de 70 %.