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Depuis sa cellule, Karim Tabbou livre sa vision de la « nouvelle Algérie »

Depuis sa cellule, Karim Tabbou livre sa vision de la « nouvelle Algérie »

Depuis sa cellule de la prison de Koléa, le militant politique Karim Tabbou a adressé ce mardi une lettre aux Algériennes et aux Algériens dans laquelle il affiche son espoir en des « jours meilleurs ».

« Celui qui va doucement arrive sûrement. Des jours meilleurs, nous y approchons de plus en plus même si parfois les chemins de liberté sont semés d’obstacles et de difficultés. Nous devons garder l’espoir. Ensemble, nous y arriverons », écrit-il dans cette lettre, publiée sur le compte Facebook, de son frère en réponse aux messages qui lui ont été envoyés à l’occasion de son anniversaire.

« Ce sont des jours qui nous apporterons de nouvelles sensations. Des senteurs de liberté qui dissiperont toutes cette puanteur d’un régime finissant et en décomposition », ajoute-t-il en anticipant sur une future décantation qui devrait avoir lieu sur la scène politique.

« Ces jours permettront aussi un tri salutaire entre les vrais et les faux militants. Il est impératif que soient distingués les hommes et les femmes de conviction de ces opportunistes combinards », soutient Karim Tabbou pour qui « ces derniers (opportunistes) » sont otages de leurs appétits.

« Ils sont irrésistibles à l’attrait de la mangeoire, c’est une nouvelle génération d’opportunistes, des marionnettes politiques prêts à tous les emplois », fustige-t-il.

Karim Tabbou rappelle sa conception de la « nouvelle Algérie ». « Une vraie nouvelle Algérie pour laquelle nous nous battons, soutient-il, doit être : inclusive de toutes les représentations politiques et sociales réelles ; respecte le suffrage universel et le principe de l’alternance au pouvoir ; respecte l’exercice de toutes les libertés ; donne la prime au DROIT ».

« Une vraie nouvelle Algérie est celle qui donne envie à chacun de nous de s’impliquer dans la construction d’un avenir commun. Une vraie nouvelle Algérie est celle qui s’interdit l’emprisonnement des journalistes, des militants, des syndicalistes… Une vraie nouvelle Algérie est celle qui met toutes et tous sous l’autorité de droit », souligne-t-il.

Karim Tabbou ne manque pas enfin d’exprimer sa « gratitude » à tous ceux qui l’ont « sollicité » par les messages et à ceux qui se sont solidarisés avec lui depuis plusieurs mois. » Une aide précieuse pour moi », dit-il.

Cette sortie du coordinateur de l’UDS, dont le procès qui devait s’ouvrir lundi au tribunal de Koléa, a été une nouvelle fois reporté au 29 juin, intervient le jour même où le président de Jil Jadid Soufiane Djilali annonçait la libération prochaine des détenus Karim Tabbou et Samir Benlarbi.

« A la suite de l’appel public à la libération des détenus d’opinion qu’il a formulé le 14 Mai 2020, M. Soufiane Djilali avait introduit une demande d’audience auprès de Monsieur le Président de la République, qui lui a été accordée pour le mercredi 27 Mai 2020 », a indiqué un communiqué de Jil Jadid diffusé ce mardi.

« Le Président de la République, Monsieur Abdelamadjid Tebboune, et en réponse à la requête portée auprès de lui par le Président de Jil Jadid, a accepté d’agir, dans le cadre stricte de ses prérogatives constitutionnelles et légales, et comme gage de son intention de favoriser l’apaisement et le dialogue national, pour que Karim Tabou et Samir Benlarbi retrouvent leur liberté au plus vite, au terme de la procédure présidentielle officielle », a affirmé Jil Jadid, précisant avoir « refusé en un premier temps de communiquer sur cette démarche qu’il voulait garder dans la discrétion totale par respect pour les détenus et pour éviter toute interprétation tendancieuse et politicienne ».

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