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Des élus français d’origine algérienne dénoncent le “quitus” de Macron à Bouteflika

Des élus français d’origine algérienne dénoncent le “quitus” de Macron à Bouteflika

Entre le président français et le peuple algérien il y aura un malentendu qu’il sera difficile d’évacuer tant qu’Emmanuel Macron ne changera pas de position. Ce sont des citoyens des deux rives, des élus franco-algériens, qui ont décidé de le lui faire savoir directement, en lui demandant de les recevoir.

La France s’est précipitée d’annoncer son soutien au président algérien qui a annoncé sa décision de se maintenir au pouvoir en dehors de tout cadre légal.

“Le choix de la France de saluer cette -décision- sans faire cas de l’environnement juridique algérien – est désormais considéré par la majorité des Algériens comme un soutien de la France au coup de force du pouvoir en place, contre la constitution algérienne et, par conséquent, contre le peuple algérien”, dénoncent les signataires du lettre adressée au locataire de l’Elysée.

“Nous, élus de la République et représentants de la société civile, attachés à l’amitié entre nos deux pays et nos deux peuples, liés au peuple algérien, par des liens familiaux étroits et indéfectibles, regrettons ce quitus, donné si précocement au président algérien, qui fait fi du rejet absolu de ce pouvoir par le peuple algérien. Nous, élus de la République et représentants de la société civile, affirmons sans équivoque aucune, être aux côtés des Algériennes et des Algériens dans leur lutte pacifique pour l’avènement d’un État de droit.”, écrivent-ils.

Ils sont sollicité d’Emmanuel Macron  une audience “afin de vous faire part de nos inquiétudes légitimes quant au devenir des relations entre nos deux peuples et nos deux pays et de trouver avec vous les conditions d’un retour à la confiance entre le peuple algérien et la France”. Ils proposent même la date du 19 mars, “fête de la victoire” en Algérie marquant le cesses-le-feu, pour ce rendez-vous,. Une date qui  “serait symboliquement forte”.

Dans leur lettre, les signataires rappellent que “l’Algérie connait depuis plusieurs semaines, une vague historique de contestation du régime en place” et constatent que  “des millions d’Algériennes et d’Algériens sont sortis dans la rue et défilent pacifiquement depuis le 22 février, dans chaque ville et village, pour exprimer leur volonté de prendre en main leur destin et construire les bases d’une Algérie nouvelle”.

Ils souhaitent attirer l’attention d’Emmanuel Macron sur cette situation en lui indiquant que “le message du peuple algérien est très clair : il ne veut plus que son avenir lui soit confisqué”.

Parmi les signataires figuent  Selima Saadi, conseillère départementale de Moselle, Akli Mellouli, adjoint au maire de Bonneuil-sur-Marne et conseiller territorial et  Abdallah Zekri, président de l’association des Mozabites en Europe. Ce dernier a par ailleurs appelé à la retenue les hommes politiques français qui alertent à tort sur une fictive vague migratoire en provenance d’Algérie.

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