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Diabète et Ramadan : qui peut et qui ne doit pas jeûner ?

Deux médecins ont publié un guide pratique pour les diabétiques durant le Ramadan où ils fournissent des recommandations à ces malades chroniques.

Diabète et Ramadan : qui peut et qui ne doit pas jeûner ?
Diabète et Ramadan : un guide pratique algérien pour jeûner en toute sécurité. | ID 173427039 © Steve Gergens | Dreamstime.com
Badreddine Khris
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Pr Ali Lounici et Dr Mohammed Hadi Bestaoui, respectivement  Chef de service et Maître de conférences en médecine interne au CHU de Tlemcen, viennent de publier la troisième édition du Guide pratique du médecin lié au jeûne des diabétiques pendant le Ramadan qui a commencé cette année jeudi 19 février en Algérie.

Leur guide comprend les recommandations de la prise en charge des diabétiques durant le Ramadan avec l’introduction du score du risque lié au jeûne IDF-DAR (International Diabetes Federation et l’Alliance diabète et ramadan), dans sa version 2026.

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Ils précisent que tous les patients diabétiques désirant jeûner « doivent se préparer par une évaluation médicale » et s’intégrer dans un programme éducatif structuré pour observer un jeûne le moins risqué possible.

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« Pendant cette évaluation qui doit se faire 6 à 8 semaines avant le Ramadan, les ajustements diététiques et thérapeutiques doivent être opérés pour que le patient débute le jeûne dans des conditions stables et sécurisées », conseille ce guide.

Selon le constat établi par les deux auteurs,  le jeûne du Ramadan expose certains diabétiques à des « complications majeures dont l’hypoglycémie, l’hyperglycémie, l’acidocétose, la déshydratation et la thrombose ».

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Certains diabétiques s’exposent à des complications majeures

Pour eux, les femmes enceintes diabétiques « présentent un risque très élevé, incluant les malformations congénitales et les complications fœto- maternelles ». Ils les conseillent fortement de ne pas jeûner.

Chez les diabétiques de type 1, le risque est généralement élevé, surtout en cas d’ancienneté de la maladie, de déséquilibre glycémique, d’hypoglycémies fréquentes, de complications micro et macrovasculaires ou d’autosurveillance glycémique insuffisante, mettent-ils en garde.

Quant au diabète de type 2, « le risque est variable et dépend de facteurs tels que la durée du diabète, l’équilibre glycémique, les traitements, l’âge, les complications micro et macrovasculaires, l’insuffisance rénale, la fragilité, la fonction cognitive et la fréquence des hypoglycémies ».

En Algérie, une étude prospective multicentrique, est-il mentionné dans ce guide, « a révélé que 89,1 % des diabétiques de type 2 et 69,2 % des diabétiques de type 1 ont jeûné pendant le Ramadan 2017. Environ 30 % ont présenté des épisodes d’hypoglycémie et 13,4 % ont dû interrompre leur jeûne en raison d’une hyperglycémie ».

 

Des patients à haut risque insistent pour jeûner

 

En pratique, considérant le Ramadan comme l’un des cinq piliers de l’islam, « beaucoup de patients diabétiques à haut risque insistent pour jeûner, créant ainsi un défi thérapeutique majeur pour les médecins », selon les deux spécialistes.

Ainsi, la diminution des apports alimentaires constitue un facteur de risque d’hypoglycémie connu. « L’étude EPIDIAR (Epidemiology of Diabetes and Ramadan) a montré que le jeûne durant le Ramadan augmente le risque d’hypoglycémie sévère de 4,7 fois dans le type 1, et de 7,5 fois dans le type 2 », est-il signifié dans le document élaboré par les deux médecins.

Le diabétique risque également une hyperglycémie qui peut être, selon les médecins, « due à une réduction excessive des médicaments pour éviter l’hypoglycémie ou à des apports importants d’aliments et/ou de sucreries ».

Pour eux, l’étude EPIDIAR a montré que l’incidence de l’hyperglycémie sévère, nécessitant une hospitalisation, est cinq fois plus élevée chez le type 2 et 3 fois plus élevée chez le type 1.

L’autre risque qu’encourt le diabétique, évoqué par les auteurs du guide, a trait à une déshydratation liée à la limitation des apports liquidiens, surtout si le jeûne est prolongé. Elle peut être, selon eux, « sévère par excès de transpiration en climat chaud et humide et chez les patients exerçant un travail physique dur et pénible ».

 

Surveillance continue du glucose

 

Par ailleurs, les deux médecins ont inséré dans leur guide les score IDF-DAR mis à jour en 2026, qui quantifie le risque du jeûne soit faible (de 0 à 3 points), modéré (de 3,5 à 6 points) ou élevé supérieur à 6 points).

Ainsi, le score et le niveau du risque associé au jeûne chez le diabétique selon IDF-DAR 2026, indique que pour la grossesse associée à tout type de diabète, le risque est évalué à 6,5 (élevé). Le Diabète de type 1, le score affiché est de 1 point et le risque est nul pour le Diabète de type 2.

Dans le classement par durée du diabète, l’étude montre que le score se situe entre 0 et 1 pour des durées estimées entre 10 et 20 ans. Pour le type de traitement, le risque est entre 0,2 et 2 points.  

Le guide recommande également que le « jeûne doit être rompu si la glycémie est inférieure à 0,70 g/l ou supérieure à 3 g/l, ou si elle se situe entre 0,70 et 0,90 g/l dans les premières heures après l’IMSAK ».

D’où la nécessité d’une surveillance continue du glucose (CGM) qui est devenue un « élément central des recommandations IDF-DAR 2026 pour sécuriser le jeûne du Ramadan chez les patients diabétiques à risque », est-il signifié dans le document. 

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