
Djamel Ould Abbes accuse ceux qui appellent à l’application de l’article 102 de la Constitution de vouloir pousser Abdelaziz Bouteflika à la démission. « Ce qui se dit actuellement nous rappelle les déclarations faites durant l’été 1998 notamment dans la presse. Il y a du copié collé. Mais cela nous ne inquiète pas, cela me fait même rire. C’était avec Zeroual, mais celui qui ne connaît pas Bouteflika se trompe. Zeroual a démissionné après trois mois de déclarations. Certains veulent rééditer le scénario de 1998 », a-t-il accusé, ce lundi 4 septembre au siège du Conseil de la Nation à Alger, en marge de l’ouverture de la nouvelle session parlementaire.
Démission de Zeroual
À partir de juin 1998, une forte campagne médiatique a été menée contre le général Mohamed Betchine, ministre-conseiller et proche ami du président Liamine Zeroual. Il a été, entre autres, accusé de profiter de son poste à la Présidence pour fructifier ses affaires et de mener « une politique clanique ». La campagne, qui a duré tout l’été, était l’expression apparente de luttes au sommet de l’État. Le 11 septembre 1998, Liamine Zeroual annonçait sa démission et l’organisation d’élections présidentielles anticipées. Plus d’un mois plus tard, le général Betchine se retirait lui aussi de la vie politique.
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« Laissez le Président tranquille ! »
« Le président Bouteflika va bien », a lancé Ould Abbes aux journalistes. Est-il en bonne santé ? « Sa santé est ordinaire. Si vous dites bonne, vous ouvrez la voie au doute. Je le dis et le répète en tant que médecin, sa santé est ordinaire. Il assume pleinement ses responsabilités en tant que Premier magistrat du pays d’une manière normale », a-t-il appuyé.
Le SG du FLN a cité l’exemple du président américain Franklin Roosevelt (entre 1933 et 1945). « Roosevelt a assuré trois mandats présidentiels et demi assis sur un fauteuil roulant. Pourquoi vous ne le rappelez pas ? C’est Roosevelt qui a signé les accords de Yalta (février 1945) avec Staline et Churchill », a-t-il comparé.
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Un journaliste a rappelé à Ould Abbes que Roosevelt (qui se déplaçait en public appuyé sur une canne et n’utilisait le fauteuil roulant qu’en privé) était visible pour les Américains et s’adressait à eux. « Faites votre travail. Le Président fait son travail. Mais, laissez le président tranquille ! Qui gère le pays, qui désigne le gouvernement, qui signe les textes ? c’est le président de la République », a-t-il répliqué sèchement.
Ould Abbes a précisé avoir interdit aux instances du FLN toute évocation d’un cinquième mandat pour le président Bouteflika. « J’ai pris cette décision pour éviter toute confusion. Nous sommes sortis des législatives et nous nous préparons pour les locales. Après les locales, chacun reconnaîtra les siens ! Nous allons vers 2019, le FLN vers 2020. Nous faisons confiance à la nouvelle génération pour prendre le relais », a-t-il souligné.
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Il a annoncé que 150.000 militants du FLN ont présenté leurs dossiers de candidatures aux élections locales du 23 novembre 2017. « C’est la preuve que le FLN se porte bien. Depuis ma désignation au secrétariat général du parti, la confiance entre la direction et la base a été rétablie. Nous avons ouvert la voie à tout le monde pour présenter leurs candidatures sauf ceux qui ont des antécédents avec la justice », a-t-il relevé.
« Rentrée sociale ordinaire »
Il n’y a aucune inquiétude à se faire sur la rentrée sociale, selon Djamel Ould Abbes. « C’est une rentrée sociale ordinaire. Il est tout à fait naturel qu’il ait une ébullition avec la rentrée sociale. Nous avons vécu cette situation et nous n’avons aucune peur malgré les difficultés financières du pays. Le monde entier connait ces difficultés. Dans deux jours, dix millions d’Algériens vont rejoindre les établissements scolaires. Après, deux millions d’étudiants rejoindront les bancs d’université. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia présentera son programme dans une semaine. C’est le programme du président de la République. Au FLN, nous appliquons sans discuter les ordres du Président. Nous suivons celui en qui le chef de l’État fait confiance », a-t-il soutenu.
« Les acquis sociaux ne seront pas remis en cause, comme l’a souligné le Président dans ses lettres du 5 juillet et du 20 août », a-t-il insisté.