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Ébranlés par la déchéance de Bouteflika, les partis de l’ex-alliance peinent à se relever

Ébranlés par la déchéance de Bouteflika, les partis de l’ex-alliance peinent à se relever

Les partis de l’ex-Alliance présidentielle peinent à se relever, près d’une année après la démission de Bouteflika, sous la pression de la population. La tentative du FLN de se relancer avec Mohamed Djemai s’est soldée par un échec, après l’incarcération de son chef.

Le RND a également essayé en vain de revenir au-devant de la scène, avec la participation de son SG par intérim Azzedine Mihoubi à la présidentielle.

Rejetés par la population pour avoir soutenu l’ex-président, le FLN et le RND, les deux partis majoritaires au Parlement, sont confrontés à de crises internes, et ils sont devenus presque infréquentables pour les nouvelles autorités.

La situation de TAJ d’Amar Ghoul et du MPA d’Amara Benyounes est pire : après l’incération de leurs chefs, ces deux partis font profil bas. Leur statut de « première force politique » au Parlement ne leur a servi à rien.

Deux mois après l’entame des consultations autour de la révision de la Constitution, ces quatre partis n’ont toujours pas été conviés par le président Abdelmadjid Tebboune.

Jadis aux premiers rangs des sollicités pour l’ensemble des consultations engageant l’avenir du pays, les formations de l’ex-alliance sont actuellement reléguées en dernière position.

Dix jours à peine après son investiture, Tebboune qui n’a pas tardé à lancer les premières consultations en recevant, le 30 décembre dernier, l’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour n’a toujours pas programmé de rencontres, pour l’heure, avec les formations de l’ex-alliance.

Cette situation agace au plus haut point les responsables du FLN et du RND. Même si ces derniers ne perdent pas espoir d’être conviés, un jour, par le président.

Les appels de pied insistants du FLN et du RND

Et ils ne ratent aucune occasion pour faire l’éloge du dialogue initié par le chef de l’Etat et manifester leur disponibilité à rencontrer Tebboune.

Le 10 janvier, le secrétaire général par intérim du RND Azzedine Mihoubi avait exprimé son souhait de voir toutes les composantes de la scène politique, sociale et culturelle prendre part à l’élaboration de la nouvelle Constitution.

Dans son allocution aux travaux de la session extraordinaire du Conseil national de son parti, Mihoubi a salué « la création d’un comité d’experts chargé de formuler des propositions pour la révision de la Constitution » en se disant « disponible à exprimer des propositions et à participer à ce vaste chantier ».

Le FLN, quant à lui, après avoir maintes fois insisté sur sa disposition à prendre part aux consultations, a carrément installé, le 21 janvier dernier, une commission chargée de l’élaboration des propositions sur la révision de la Constitution.

« La commission, composée d’universitaires, constitutionnalistes, sociologues, et politologues, procédera à l’analyse, au diagnostic et à la prospective de notre expérience constitutionnelle et formulera nos propres proposition », avait expliqué son SG par intérim Ali Seddiki.

Mais les appels de Seddiki et de Mihoubi sont restés sans écho. Tebboune a en effet poursuivi ses consultations en recevant notamment Abdelaziz Rahabi, Sofiane Djilali, Mouloud Hamrouche, Abderazak Makri, Abdallah Djaballah, Abdelaziz Belaid, Abdelkader Saadi, Ali Haroun. Le chef de l’Etat s’est même déplacé au domicile de Ahmed Taleb Brahimi pour le rencontrer.

Mais aucun responsable des partis de l’ex-alliance présidentielle n’a franchi le portail de la présidence. Sont-ils indésirables ? En tout cas, la démarche du chef de l’Etat est cohérente.

Des partis déstructurés toujours dans la tourmente

Devenus infréquentables en raison de leur impopularité, les quatre partis de l’ex-alliance paient aussi leur incapacité à se remettre de la débâcle du 22 février.

Les quatre partis de l’ex-alliance vivent des situations organiques délétères. Près de onze mois après la démission de Bouteflika, chassé par le hirak, ces partis ne sont toujours pas sortis de la zone de turbulence. En proie à des crises organiques successives, ces partis dont les 4 responsables respectifs, Amara Benyounes, Ahmed Ouyahia, Amar Ghoul et Mohamed Djemai sont à la prison d’El Harrach, poursuivis dans des affaires de corruption, peinent à tenir leur congrès.

Si dans ce cadre, la direction du MPA tente de gérer sa crise loin des médias et dans la discrétion la plus totale au même titre que TAJ, ce n’est nullement le cas pour le FLN et RND qui règlent leurs différents à couteaux tirés sur la place publique.

C’est ainsi que Seddiki n’arrive toujours pas à réunir son comité central et à chaque réunion du bureau politique, il y a plus d’absents que de présents. M. Seddiki qui avait soutenu à la surprise générale la candidature de Mihoubi à la présidentielle du 12 décembre, fait face à un mouvement de redressement qui illustre l’ampleur de la crise au sein de l’ex-parti unique.

De son côté, Mihoubi est plus occupé à évincer ses adversaires qu’à préparer le Congrès du parti. C’est ce qu’il a fait, ce dimanche en excluant définitivement Seddik Chihab des rangs du RND après avoir exclu trois autres membres du conseil national, en l’occurrence Hakim Berri, Lyes Berchiche et Amira Slim.

La mise à l’écart de Chihab Seddik, qui convoitait le poste de SG après la chute de Ouyahia, risque de relancer les hostilités au sein du parti.

« Ce sont des décisions [d’exclusion, NDLR] insensées, non réglementaires et qui font fi des statuts du parti. C’est inapproprié comme décisions au moment où le parti a besoin de tous ses militants et avec des objectifs qui consistent à éliminer toutes les voix discordantes qui peuvent lui faire de l’ombre. Il est en train de faire place à ses propres ambitions », a dénoncé Chihab dans une déclaration à TSA, tout en promettant de ne pas rester les bras croisés.

Voulant rompre avec les pratiques et les symboles du système Bouteflika, les nouvelles autorités promettent un renouvellement de la classe politique, et la séparation de l’argent de la politique. Si la nouvelle architecture politique n’est pas encore arrêtée, des sigles fortement liés à la gestion chaotique du pays ces vingt dernières années pourraient carrément disparaître.

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