
Un immeuble de quatre étages s’est effondré dans la nuit de vendredi à samedi dans la commune de Hussein-Dey (Alger), sans faire de victimes fort heureusement.
La wilaya a pointé du doigt un promoteur immobilier. En attendant les résultats de l’enquête déclenchée, la wilaya d’Alger n’écarte pas que cet effondrement soit causé par des travaux d’excavation menés à proximité par un promoteur immobilier. La wilaya apporte une précision de taille : la bâtisse était en bon état et a fait l’objet il n’y a pas longtemps de travaux de rénovation.
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La moitié d’un immeuble de 4 étages (R+4) sis au 6, rue Rabah Moussaoui, dans la commune de Hussein-Dey, s’est effondré dans la nuit de vendredi 14 à samedi 15 novembre à 2h30 du matin, confirme la wilaya d’Alger dans un communiqué rendu public ce samedi en milieu de journée.
« Il a été réveillé par les secousses »
Malgré l’effondrement total des quatre étages du flanc droit de la bâtisse, une seule personne a été blessée, évacuée par les éléments de la Protection civile vers le CHU Mustapha d’Alger, indique la même source.
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Selon le témoignage de son frère, le blessé a eu la vie sauve miraculeusement. Il dormait quand il a « été réveillé par les secousses » qui ont précédé l’effondrement.
Ayant compris que le bâtiment allait s’effondrer, il a couru pour aviser son frère qui dormait dans une autre chambre du même appartement, mais il n’a pas eu le temps. Les deux frères ne sont pas morts, mais un d’entre eux est toujours hospitalisé, souffrant de fractures.
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Le ministre wali d’Alger, Abdennour Rabhi, s’est immédiatement rendu sur les lieux de l’incident, accompagné du chef de sûreté de wilaya, du wali délégué de la circonscription administrative d’Hussein-Dey et du maire de la même commune.
Les habitants des logements effondrés et ceux de deux immeubles attenants, 27 familles au total, ont été hébergés à titre préventif dans un hôtel de la ville.
Les services du contrôle technique de la construction (CTC) sont sur place pour effectuer une expertise technique. En attendant les résultats de l’expertise, la wilaya livre les premières données disponibles. Elle signale l’existence d’un chantier d’une promotion immobilière mitoyen à la bâtisse qui s’est effondrée.
Le promoteur immobilier dont l’identité n’a pas été révélée a effectué des travaux d’excavation sur une profondeur de 4 mètres juste à côté de la bâtisse, “ce qui pourrait être la cause de son effondrement”, lit-on dans le communiqué de la wilaya d’Alger.

Immeuble effondré à Hussein-Dey : à qui la faute ?
Les trois immeubles situés au même endroit étaient en bon état et ont fait l’objet de travaux de réhabilitation l’année passée menés par les services de la wilaya d’Alger dans le cadre de la réhabilitation du vieux bâti, assure la même source.
Outre l’expertise du CTC, l’incident fait également l’objet d’une “enquête sécuritaire approfondie”, à l’issue de laquelle “les dispositions réglementaires adéquates” seront prises, conclut le communiqué.
C’est donc encore une fois un promoteur immobilier qui est pointé du doigt.
“L’effondrement d’un immeuble récemment rénové dans la commune de Hussein-Dey (…) a été causé, selon le communiqué de presse, par un promoteur immobilier qui a creusé à plus de 4 mètres de profondeur à proximité des fondations du bâtiment”, a écrit sur les réseaux sociaux le député Ahmed Rabhi.
“Lorsqu’une municipalité délivre un permis de construire à un promoteur immobilier en centre-ville, son service d’urbanisme doit veiller à la mise en œuvre du permis et ne pas se fier uniquement aux plans et à l’avis du guichet unique. La vie et les biens des citoyens sont une responsabilité”, a ajouté le parlementaire.
Des riverains de chantiers de promotions immobilières, qui poussent comme des champignons notamment à Alger, se plaignent régulièrement du danger que font peser sur leurs vies les travaux d’excavation.
Un cas similaire à El Biar, mais la mairie fait la sourde oreille
En août dernier, des habitants d’un quartier situé derrière le siège du Conseil d’Etat à El Biar ont dû alerter l’opinion publique à travers les médias pour attirer l’attention des autorités sur le danger créé par un promoteur immobilier qui a dénudé les fondations de leur immeuble.
Les habitants ont contesté aussi bien la pertinence du permis de construire pour une promotion immobilière dans un espace restreint que la manière avec laquelle les travaux sont menés. Selon eux, le promoteur immobilier a effectué les travaux de terrassement en appliquant “des techniques interdites”.
Les habitations mitoyennes du chantier immobilier ont subi de graves dommages avec des fissures qui les menacent d’effondrement à tout moment.
Malgré ce risque, le promoteur, qui a excavé sur une profondeur de plus de six mètres poursuit son chantier, se permettant de travailler parfois jusqu’aux premières heures de la matinée, ce qui contraire à la réglementation en la matière. En plus, le chantier n’est entouré d’aucune protection, ce qui représente un véritable danger pour les piétons, notamment les enfants.
Des promoteurs immobiliers hors la loi, des mairies complaisantes
Au vu des prix exorbitants auxquels sont vendus les logements des promotions immobilières, les promoteurs devraient faire l’effort au moins de préserver la sécurité des riverains. L’effondrement d’une bâtisse à Hussein-Dey devrait inciter les autorités à jeter un coup d’œil sur ce qui se passe dans le secteur de la promotion immobilière.
A Alger, et dans de nombreuses villes du pays, les promoteurs immobiliers qui courent derrière le gain facile, défigurent l’environnement urbain, et plus grave encore, ils mettent la vie des riverains en danger. Les mairies qui délivrent les permis de construire sont parfois complaisantes avec les promoteurs immobiliers.
Ahmed Rabhi, député FLN de Djelfa, a réagi en appelant les mairies à faire le suivi des chantiers immobiliers à qui elles ont délivré les permis de construire, et a évoqué la possibilité de proposer un mécanisme de contrôle des promotions dans le cadre de la révision de la loi sur l’aménagement du territoire et le développement urbain qui sera prochainement soumise au Parlement.