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Entretien. Médiation de l’imam Ali Aya : Nouria Benghabrit s’explique

Entretien. Médiation de l’imam Ali Aya : Nouria Benghabrit s’explique

Mardi, vous avez reçu l’imam de la mosquée de Djemaâ El Kebir Ali Aya, un avocat et un inspecteur des affaires religieuses qui veulent faire la médiation entre votre département et le Cnapeste. De quoi sagit-il exactement ?

En fait, je ne pouvais que recevoir ces respectables personnes exactement comme je l’avais fait avec l’ensemble de ceux qui ont demandé à me rencontrer. En sus d’une partie de partenaires sociaux signataires de la charte d’éthique du secteur de l’éducation, j’ai reçu des chefs ou membres des groupes parlementaires dont ceux de TAJ, du MPA, du FLN, du RND ou du FFS avec le président de l’APW de Béjaïa qui a été d’ailleurs le premier. Je les ai reçus tous à leur demande et c’est mon devoir de le faire.

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Evidemment je leur ai exprimé toute ma reconnaissance pour leur initiative et pour être venus entendre la première responsable du secteur pour mieux comprendre la situation. Ce mardi, j’ai eu un entretien avec des personnalités religieuse et juridique. À leur proposition de se constituer en tant que médiateurs, ma réponse a été claire. La justice a tranché sur le caractère illégal de la grève illimitée. L’entrevue a duré trois heures parce que j’ai dû revenir sur les origines de ce mouvement et rappeler que le dialogue a toujours été et fait partie du principe de gouvernance au niveau de mon ministère.

Les portes du département ont toujours été ouvertes. Mais après la décision de justice, il n’était pas question pour moi de rencontrer le Cnapeste tant qu’ils n’auront pas suspendu la grève et repris le travail.

Avez-vous changé d’avis après cette rencontre ?

Je ne vois pas pourquoi j’aurai à changer d’avis puisque au-delà de ma personne, il y a un État. J’ai attiré l’attention de mes interlocuteurs sur les visées de cette organisation syndicale qui mènent ses adhérents à l’aventure en sachant pertinemment les risques encourus au regard de la loi. Vous savez que 581 enseignants ont été définitivement radiés de la fonction publique.

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Malheureusement nombreux sont les enseignants qui font grève et qui ne savent pas pourquoi ils sont en train de faire cette grève car ils sont désinformés. Ils vont se retrouver radiés s’ils continuent leur action syndicale car nul n’est censé ignorer la loi.

J’ai aussi réaffirmé que s’il (Cnapeste) arrêtait demain la grève, je les recevrai dimanche comme je le fais pour tous les autres syndicats. Cette proposition leur avait été faite avant même le déclenchement de la grève. Aujourd’hui, il faut rappeler qu’ils sont dans une posture hors la loi.

Est-ce que ces radiations sont vraiment définitives ?

Il n’y a pas de retour en arrière. Pour les autres enseignants en grève, certains ont reçu aujourd’hui la deuxième mise en demeure. Après la seconde mise en demeure, c’est la radiation qui les attend à partir de dimanche.

Nous continuerons à appliquer la loi. Certains enseignants grévistes sont en fait malheureusement en position d’abandon de poste et ils ne réalisent pas les risques encourus. Dans certaines pages Facebook du syndicat, on constate qu’il y a des décisions de radiation qui sont barrées en rouge. Une manière de dire aux adhérents que ces décisions ne seront pas appliquées.

Avez-vous donné des garanties à ces trois interlocuteurs sur les revendications des syndicalistes si toutefois le Cnapeste suspendait sa grève ?

Je n’ai pas besoin de donner des garanties. Il y a des revendications auxquelles nous avons répondu dans le cadre du PV de 2015. Nous avons installé des commissions quasi-permanentes sur de nombreux sujets. Nous avons notamment crée une commission permanente mobile d’identification et de résolution des problèmes de gestion et qui a eu à se déplacer dans les wilayas qui posent problèmes.

Il y va de notre devoir de résoudre des questions qui relèvent du droit des enseignants dont le droit à la promotion. Il y en a qui n’ont pas obtenu la promotion qu’il fallait, au moment où il fallait. Ce sont des problèmes courants de gestion. Nous sommes en train de faire le travail nécessaire.

Avec la numérisation du secteur, nous espérons que ces questions de gestion s’aligneront. Nous allons pouvoir suivre de manière plus rationnelle et plus professionnelle tous les dossiers.

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