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Équipe d’Algérie : comment Belmadi dilapide son capital sympathie

Équipe d’Algérie : comment Belmadi dilapide son capital sympathie

Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’équipe d’Algérie de football est-il en train de dilapider le capital sympathie qu’il a acquis en remportant la CAN 2019 ?

À voir le retournement de plus en plus visible des réseaux sociaux à l’issue de presque chaque match des Verts, le recul du niveau et des résultats de l’équipe et les comportements du coach sur et en dehors des terrains, on est tenté de répondre par l’affirmative.

Djamel Belmadi était au sommet de sa popularité en juillet 2019 lorsqu’il a mené l’équipe nationale en victoire finale à la CAN. En arrivant une année plus tôt en remplacement de Rabah Madjer, il avait trouvé un groupe moribond.

Il avait promis d’en faire une équipe conquérante qui ira chercher la CAN en Egypte et il a tenu parole. Djamel Belmadi a réussi un exploit que presque personne ne croyait possible.

Après le tournoi africain, le sélectionneur national a maintenu le rythme. Sous sa conduite, l’équipe nationale n’a pas perdu pendant trois ans et trois mois, entre octobre 2018 à janvier 2022, soit 35 matchs sans défaite, ratant de peu le record mondial. Pendant cette période, elle a affronté des grands d’Afrique et des équipes de niveau mondial mais n’a jamais perdu.

Djamel Belmadi est choyé par tous. Au printemps 2021, lorsqu’un mécontentement lui était prêté par la presse suite au départ du président de la Fédération Kheireddine Zetchi, le coach national a été reçu par le président de la République en personne.

La belle série a pris fin à la CAN 2021 organisée au Cameroun en janvier 2022. Après un match nul sans gloire face à la Sierra Leone, les Verts sont battus à la surprise générale par la Guinée équatoriale puis par la Côte d’Ivoire et quittent le tournoi dès le premier tour.

Loin d’être ingrats, les Algériens, responsables, public et presse, n’ont rien dit, y voyant un simple faux pas qui peut arriver à n’importe quelle équipe.

Belmadi a tout mis sur les facteurs externes, la chaleur, l’état de la pelouse du stade Japoma et l’arbitrage. Pourtant, l’œil affûté de certains observateurs avait décelé une perte de vitesse de l’équipe dès 2021 lorsqu’elle a été tenue en échec en aller et retour par le Burkina Faso en éliminatoires de la Coupe du monde 2022.

Les Verts sont passés au dernier tour in extremis, mais leur chute sera brutale. En mars 2022, après une victoire au Cameroun en manche aller du match barrage (1-0), l’Algérie tombe à domicile (1-2) et dit adieu au mondial qatari à l’issue d’un scénario dramatique.

Là aussi, Belmadi a refusé d’assumer. Il a accusé l’arbitre gambien Bakary Gassama d’avoir favorisé le Cameroun, contribuant à l’hystérie qui s’emparera pendant plusieurs mois du public qui demandait à ce que le match soit rejoué.

Belmadi de plus en plus critiqué en Algérie pour son comportement

Lorsque le tournoi mondial a commencé au Qatar, le public algérien a compris qu’on l’a mené en bateau avec cette histoire de match à rejouer et s’est mis peu à peu à critiquer Djamel Belmadi.

Chaque mauvaise prestation de l’équipe nationale est désormais suivie de critiques qui ciblent le coach. La dernière en date a été celle que les Verts ont produite aux Émirats lundi face à l’Égypte.

En infériorité numérique, les Égyptiens ont été nettement supérieurs aux Algériens. Le public ne comprend pas comment avec les récents renforts qui ont rejoint le groupe, l’équipe nationale sort encore des prestations quelconques. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont exprimé leur scepticisme quant aux chances de l’EN de revenir de Côte d’Ivoire en février prochain avec le trophée de la CAN.

Le sélectionneur Belmadi a aggravé son cas par son comportement pendant le match. N’appréciant pas que le joueur Saïd Benrahma conteste son remplacement, Belmadi l’a agrippé violemment par le maillot devant les caméras du monde entier.

Plus que la prestation de l’équipe nationale, ce geste a été largement critiqué et condamné. Un sélectionneur national ne doit en aucun cas se comporter de cette façon devant les caméras du monde entier et les millions de téléspectateurs qui ont suivi le match.

Il ne doit pas froisser de cette sorte le maillot de l’équipe nationale et doit donner l’exemple d’un éducateur  et non celui d’une personne irascible d’autant que beaucoup d’enfants et d’adolescents suivent les matchs des Verts. Plus grave encore, Belmadi ne s’est même excusé à la fin du match, il a tenté de minimiser l’incident.

Il faut dire que ce n’est pas là le moindre des reproches qui étaient faits au coach pendant les cinq ans qu’il a passés à la tête de l’équipe nationale.

Même lorsque les résultats étaient là, Belmadi agaçait par son comportement. En conférence de presse, il ne manquait pas la moindre occasion pour rabaisser un journaliste ou s’accrocher avec lui.

Ne supportant visiblement pas la critique, il n’hésite pas à remettre en cause même le patriotisme de ceux qui osent remettre en cause ses choix.

Sur le bord du terrain, il passe les matchs à gesticuler et à s’énerver, transmettant une pression négative à son groupe. Il a été maintes fois mis en garde qu’un tel comportement finira par déteindre sur l’ambiance au sein du groupe.

Et c’est, semble-t-il, ce qui a fini par arriver. Pendant les deux derniers matchs des Verts (face au Cap-Vert jeudi et à l’Égypte lundi), on a assisté à deux incidents qui laissent deviner une ambiance électrique dans le vestiaire : les propos de l’attaquant Islam Slimani qui semble viser les joueurs binationaux puis ce geste de Belmadi sur Saïd Benrahma. 

Adulé par tout un peuple pendant plusieurs années, Djamel Belmadi s’est mis, à quelques mois de la CAN ivoirienne, dans la posture d’un coach condamné à ramener le trophée pour espérer garder sa place. 

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