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Espagne : l’étrange profil de l’Algérien tué en attaquant un commissariat

Espagne : l’étrange profil de l’Algérien tué en attaquant un commissariat

L’homme abattu lundi alors qu’il voulait tuer au couteau une policière dans un commissariat de Catalogne était homosexuel et suicidaire, selon les déclarations de sa femme à la police rapportées par une source proche de l’enquête.

L’assaillant, de nationalité algérienne et âgé de 29 ans, identifié comme Abdelouahab Taib par les médias, avait crié le nom d’Allah lors de son agression lundi à l’aube à Cornella de Llobregat, en Catalogne, dans le nord-ouest de l’Espagne.

Les autorités ont qualifié cet acte “d’attaque terroriste”, mais une source proche de l’enquête a indiqué qu’il ne “semble pas y avoir de signes de jihadisme”. “Nous nous reposons sur le témoignage de sa femme selon lequel il n’était pas extrémiste”.

A défaut d’avoir pu analyser de manière approfondie les informations recueillies au domicile d’Abdelouahab Taib, situé à une centaine de mètres du commissariat, l’enquête suit la piste de la “tentative de suicide”, a indiqué cette même source.

Interrogée par la police, la femme de l’assaillant, une espagnole qui se serait convertie à l’islam après l’avoir rencontré, “a expliqué que l’homme lui avait avoué être homosexuel et qu’il était très perturbé et ne savait pas comment concilier cela avec la religion musulmane”, a précisé une personne proche de l’enquête.

Selon le journal La Vanguardia et d’autres médias, son mari lui avait confié il y a deux mois être homosexuel et en aurait ressenti de la “honte”.

Elle lui avait annoncé il y a quinze jours son intention de divorcer et soupçonne son mari d’avoir voulu se suicider, toujours selon La Vanguardia.

L’avocat de la femme d’Abdelouahab Taib, David Martinez, a indiqué aux médias que les papiers du divorce ont été signés mardi et a “totalement” écarté toute motivation terroriste.

L’Audience nationale, la juridiction spécialisée en matière de terrorisme, conduit actuellement l’enquête sans communiquer sur ses conclusions. Officiellement, les autorités régionales continuent de considérer les faits comme une attaque terroriste.

“Tant que cela ne change pas du côté de l’enquête et du côté de l’analyse des faits par la police, nous ne pouvons pas changer de position”, a déclaré mardi le ministre de l’Intérieur catalan, Miquel Buch, à la radio nationale.

Lundi, l’agresseur a sonné à l’interphone du commissariat pour se faire ouvrir la porte, à 05H45 du matin (03H45 GMT). Une fois à l’intérieur, il a sorti “un grand couteau” et s’est jeté sur les policiers dans “un désir clairement prémédité de tuer un agent de nos forces de l’ordre”, a expliqué à la presse le commissaire Rafel Comes, des Mossos d’Esquadra.

“L’agente a fait usage de son arme à feu pour sauver sa propre vie”, a-t-il dit, précisant que l’homme avait crié “Allah” et des mots que les policiers n’ont pas compris.

Cette attaque a eu lieu un an après le double attentat jihadiste qui avait fait 16 morts et plus de cent blessés les 17 et 18 août 2017 en Catalogne, notamment au cours d’une attaque sur les Ramblas, l’avenue emblématique de Barcelone.

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