
La fécondité dégringole au Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc) d’une façon fulgurante. Pourtant, dans les années 70, avoir 7 à 8 enfants dans une famille était la normalité.
Les femmes font de moins en moins d’enfants dans les pays du Maghreb. Un changement qui reflète de profondes transformations économiques, sociales et culturelles dans ces trois pays selon un article publié dans la revue Population & Sociétés de l’Institut national démographiques (Ined).
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En un demi-siècle, la donne a changé. Dès le début des années 90, le taux de natalité a été réduit de 50 % pour ces trois pays. Dans les années 2000, le Maroc a enregistré une baisse régulière de la fécondité.
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Quant à l’Algérie, après un bond temporaire des naissances au milieu des années 2010, elle a connu un nouveau recul. La diminution de la natalité la plus rapide revient à la Tunisie : 1,2 enfant par femme. En 2024, l’indice synthétique était estimé à 1,53 enfant par femme en Tunisie, 1,97 au Maroc et 2,61 en Algérie.
Maghreb : Pourquoi cette baisse de natalité ?
Plusieurs facteurs expliquent cette baisse de natalité. Les femmes font de plus en plus d’études, reportant le mariage et la maternité à plus tard. Elles privilégient leur carrière professionnelle et leur indépendance financière avant de fonder un foyer. Le chômage des jeunes, les prix exorbitants des locations et la cherté de la vie sont d’autres paramètres qui freinent le mariage.
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Les femmes sont de plus en plus diplômées au Maghreb. « En Tunisie, elles représentent désormais près de 60 % des étudiants de l’enseignement supérieur », indique la revue ‘Population & Sociétés. Seul bémol, « le chômage des jeunes diplômés demeure élevé et les trajectoires professionnelles féminines restent fragiles, notamment après l’arrivée des enfants. »
Vieillissement de la population
La Tunisie occupe la première place dans le processus de vieillissement de la population. Ce phénomène progresse également en Algérie et au Maroc.
« À mesure que le nombre de naissances diminue, la croissance démographique ralentit fortement. Contrairement à de nombreux pays européens, les migrations ne compensent pas cette évolution : le Maghreb reste historiquement marqué par davantage de départs que d’arrivées », conclut cette étude.
La baisse démographique au Maghreb réduit certaines pressions liées à la forte croissance de la population, mais elle prépare aussi un défi majeur : le vieillissement de la population et le financement des systèmes sociaux dans les années à venir.