
La finance islamique peine à gagner du terrain en Algérie où elle constitue à peine 2 à 3% du chiffre d’affaires global du marché bancaire. Un constat confirmé ce dimanche 1er avril par Nasser Hideur, directeur général d’Al Salam Bank, de passage sur TSA Direct.
Hideur a reconnu que, comparée à certains pays du Golfe ou à la Malaisie par exemple, l’Algérie est à la traîne en matière de finance islamique. Il a expliqué que cet état de fait est dû d’abord à la faiblesse du secteur privé dans un marché dominé encore par les banques publiques.
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« Le secteur public représente 87% du marché et les 20 banques privées agréées se partagent les 13% restant. Le secteur privé est en phase de maturation, même s’il participe déjà activement au financement de l’économie. Quant aux banques islamiques, leur présence sur le marché est relativement récente et elles n’arrivent pas à couvrir tout le territoire », a-t-il indiqué.
À titre d’exemple, Al Salam Bank, créée seulement en 2008, ne dispose que de huit agences à travers tout le territoire national. Le leader dans le domaine, Al Baraka Bank, ne dispose que de 30 agences, rappelle-t-il. Mais la marge de progression de la finance islamique reste importante, avec environ 2 000 milliards de dinars circulant en dehors du circuit bancaire, dont une partie pour des considérations religieuses.
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Même s’il reconnaît que la réticence vis-à-vis des prêts usuriers n’explique qu’en partie cette masse monétaire importante qui reste dans le circuit informel, M. Hideur reste optimiste pour l’avenir de l’activité en raison, d’abord de la volonté affichée par le gouvernement d’encourager la finance islamique et surtout la tendance constatée à l’échelle mondiale avec de plus en plus de grandes banques internationales qui proposent ce genre de produits, notamment, estime-t-il, depuis la crise des subprimes de 2008.
Ainsi dans l’optique d’une meilleure couverture du territoire et d’augmenter le nombre de ses clients, qui ne sont que 4 000 actuellement, Al Salam Bank compte ouvrir une dizaine d’agences incessamment, dont trois à Alger (Staouéli, Alger-centre et Sidi Yahia), une à Adrar, une à Batna et une autre à Biskra.
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