
La Tunisie fait face au spectre des coupures d’électricité, en raison d’une forte demande et d’une production insuffisante. Les regards sont braqués sur l’Algérie qui fournit ce pays voisin à la fois en électricité et en gaz qui fait fonctionner les centrales de production.
Selon le député Mohamed Ali Fennira, cité par le journal tunisien La Presse, les coupures d’électricité pendant l’été prochain pourraient toucher 1 million de Tunisiens pendant les heures de forte demande.
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Dans ce pays maghrébin au climat chaud en été, les délestages surviennent habituellement de manière intermittente lorsque la consommation atteint son pic aux heures de pointe de la mi-journée. L’usage de la climatisation fait sensiblement augmenter la consommation.
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La Tunisie, un pays de 12 millions d’habitants, a connu une telle situation l’été dernier à cause de la hausse de la demande face aux limites du réseau de production et de distribution, rappelle le média tunisien.
La question a été discutée au sein de la commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement du Parlement tunisien, a révélé le député ce jeudi 23 avril sur la radio Diwan FM.
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Pour répondre à la demande, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) recourt notamment au gaz naturel pour augmenter la production, tout en s’appuyant sur les importations en provenance d’Algérie.
La Tunisie a besoin de plus de gaz algérien pour augmenter sa production d’électricité
Néanmoins, l’été dernier, l’Algérie “n’a pas été en mesure de fournir des volumes supplémentaires de gaz au-delà des quantités contractuelles, ce qui a contribué à des coupures d’électricité”, a indiqué Mohamed Ali Fennira, prévoyant qu’une telle situation “pourrait se reproduire si les conditions actuelles persistent”.
Le gazoduc Transmed, qui relie l’Algérie à l’Italie, traverse le territoire de la Tunisie, qui prélève des quantités de gaz en guise de droits de passage. Ces prélèvements s’élèvent à un peu plus de 5 % du gaz acheminé. L’Algérie, principal fournisseur de gaz au Sud de l’Europe (Italie et Espagne), est fortement sollicitée depuis 2022 pour augmenter ses livraisons. Elle l’est encore de nouveau après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février dernier.
Outre les problèmes d’approvisionnement, le député Mohamed Ali Fennira a révélé que la société publique STEG fait face à des difficultés financières à cause d’un déséquilibre entre les coûts d’achat de gaz, qui s’élèvent à 6 milliards de dinars tunisiens, et les recettes de vente d’électricité (près de 5 milliards de dinars).
En plus de lui fournir du gaz, l’Algérie exporte également d’importantes quantités d’électricité vers la Tunisie, couvrant 12 à 13 % de la consommation du pays.
Dans sa communication sur les pics de consommation ces dernières années, Sonelgaz a précisé à plusieurs reprises que le système a pu répondre à la demande sans affecter les quantités exportées vers la Tunisie.