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France – Algérie : Abdelaziz Rahabi charge Macron et Retailleau

Le diplomate Abdelaziz Rahabi estime que le président Emmanuel Macron est responsable de la crise entre la France et l’Algérie. Il rétablit la vérité sur la question de la mémoire.

France – Algérie : Abdelaziz Rahabi charge Macron et Retailleau
Abdelaziz Rahabi pointe les responsabilités de Macron et Retailleau/Source : DR
Riyad Hamadi
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 Abdelaziz Rahabi a pointé la responsabilité du président français Emmanuel Macron et de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau dans la détérioration des relations entre l’Algérie et la France.

Le premier pour avoir privilégié des « acquis diplomatiques ponctuels » sur l’aspect stratégique, et le second pour avoir « défié » l’Algérie dès sa nomination comme ministre de l’Intérieur en septembre 2024.

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« Il est incontestable que le changement de ministre de l’Intérieur en France a apaisé un peu les relations entre Alger et Paris sur les questions sécuritaires et migratoires. ILreste à mon sens insuffisant », a déclaré l’ancien ministre de la Communication dans un entretien à France 24 ce vendredi 12 juin.

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La confiance entre Tebboune et Macron est « rompu »

Pour Abdelaziz Rahabi, la « rupture » a été causée par la décision prise par le président Macron de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, ce qui « exclut tout processus de négociation ». Il reproche aussi au président Macron son engagement à « aider le Maroc auprès des Européens, des Américains et au Conseil de sécurité ».

Le président Macron a « été au-delà de ce que même attendaient les Marocains », en soulignant que sa position est « contraire aux intérêts diplomatiques de l’Algérie parce qu’il s’agit d’un conflit à nos frontières, qui a des répercussions directes sur les plans sécuritaires, humanitaires et diplomatiques ».

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« Je pense que la confiance entre les deux chefs d’État [Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron] est rompue sur cette question», a-t-il dit.

Sur la lutte contre l’immigration clandestine en France, Abdelaziz Rahabi a rappelé que tout se « passait normalement » jusqu’à l’arrivée de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur.

« Il a essayé, selon ses propres termes, d’établir un rapport de défi vis-à-vis de l’Algérie, ce qu’il a appelé un rapport de force », a ajouté le diplomate algérien.

Pour lui, la relation franco-algérienne souffre de la focalisation sur les questions relevant des ministères de la Justice et de l’Intérieur, ce qui prive les deux pays d’établir des relations « relations stratégiques, globales sur les questions économiques qui sont extrêmement importantes, des questions scientifiques et techniques, transfert de technologie et des biens mal acquis ».

« Nous insistons sur la question des biens mal acquis »

« Nous insistons beaucoup sur la question des biens mal acquis, mais les Français ne tiennent pas beaucoup compte de ça », a-t-il regretté.

Abdelaziz Rahabi propose d’extraire cette relation des domaines sécuritaires et migratoires pour envisager une « coopération globale ». « Il ne faut pas fragmenter », en citant le cas de la mémoire où le président Macron a pratiqué la « politique du balancier », en donnant un « coup pour les harkis », un coup pour l’Algérie et un autre pour l’extrême droite, « sans aborder pas la question dans son aspect global. »

« L’aspect global de la question de la mémoire, c’est de dire que la France reconnaît les crimes commis par la colonisation », a-t-il soutenu, en reprochant au président Macron le blocage du dossier de la mémoire.

« Il fallait commencer l’essentiel et dire que la France reconnaît les crimes commis par la colonisation », a-t-il insisté, en soulignant que le président Macron a « préféré fragmenter, avec des reconnaissances occasionnelles » alors que la question de la mémoire doit être abordée dans sa globalité, mais elle ne constitue pas, selon lui, un « frein » aux relations algéro-françaises.

Abdelaziz Rahabi a tenu aussi à rétablir la vérité sur ce que demande l’Algérie à la France sur la question mémorielle. Car, contrairement à ce qui se dit en France, l’Algérie « n’a jamais demandé, pas une seule fois, à la France de se repentir sur son passé colonial ».

« J’ai l’impression que la rente mémorielle, c’est en France qu’elle se passe. Les gens sont dans le passé permanent. Ils sortent à chaque fois la question de la guerre d’Algérie », critique-t-il.

Abdelaziz Rahabi critique le président de la FIFA

Avant de plaider pour une lecture globale des relations franco-algériennes, Abdelaziz Rahabi, a regretté les déclarations du président la FIFA, Giano Infantino, sur le cas du journaliste français Christophe Gleizes.

« Ces déclarations ne servent pas M. Gleizes parce que nous étions dans un climat d’apaisement. Il y a eu des appels auxquels le président de la République a été très sensible. Elles desservent monsieur Gleizes et l’image de l’Algérie, et ne servent pas le président de la FIFA pour voiler les difficultés que rencontrent les délégations qui participent au Mondial 2026 », a-t-il dit.

Abdelaziz Rahabi a conclu en estimant que le président Emmanuel Macron « n’a pas abordé la relation franco-algérienne sous son aspect stratégique, mais sur d’acquis diplomatiques ponctuels »

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