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France – Algérie : Xavier Driencourt plaide pour « la belle amitié de demain »

France – Algérie : Xavier Driencourt plaide pour « la belle amitié de demain »

Xavier Driencourt, ambassadeur de France à Alger, a évoqué, ce samedi 14 juillet, une année riche pour les relations entre les deux pays.

« Elle a été marquée par la visite en décembre (2017) du président de la République, Emmanuel Macron, qui y a délivré un message fort. Nous pouvons, je crois, nous réjouir que la génération à laquelle il appartient s’affirme pour donner un nouveau souffle aux relations entre nos deux pays. Le président de la République avait confié « ne pas être otage du passé ». Sa génération et celles qui suivent, en France, sont légitimes pour s’estimer libérées. C’est même, peut-être, leur devoir historique. Car s’il n’est jamais question d’oublier notre passé commun, à la fois passionnel et tumultueux, l’heure est peut-être venue de faire de notre histoire partagée une force », a-t-il déclaré à l’occasion de la traditionnelle réception du 14 juillet (fête nationale française) au niveau de sa Résidence à Alger.

M. Driencourt a plaidé pour « la belle amitié de demain». « En ouvrant, par exemple, une école française à Annaba, et de nouvelles classes dans celle d’Oran. En ouvrant des Espaces France en liaison avec les universités algériennes dans d’autres villes. Pas à pas, nous voulons contribuer à ce que nos cultures et nos langues dialoguent toujours davantage, pour qu’Algériens et Français, en particulier les jeunes générations, apprennent ou réapprennent à parler ensemble», a-t-il appuyé.

Ne pas oublier les tirailleurs et les zouaves algériens de 1918

Évoquant la coopération économique entre les deux pays, il a cité le projet d’installation d’une usine Peugeot près d’Oran. Il a également parlé de projets culturels et sportifs, « comme l’idée d’y recréer une épreuve du Paris-Dakar » (rally Auto-moto). « Bref, il ne s’agit pas ici de recenser un à un les accomplissements et les projets de cette année qui fut riche et intense, mais avant tout d’exprimer une espérance et un enthousiasme », a-t-il noté.

Il a fait un rappel historique des rapports entre français et algériens. « En 2018, comment ne pas penser immédiatement à 1918, année de la paix retrouvée en Europe, et à ces 14 régiments de tirailleurs et de zouaves algériens qui vinrent combattre en Europe. Ils laissèrent sur les champs de bataille près de 30.000 hommes, morts pour la France. Cela, nous ne pouvons et ne devons l’oublier », a-t-il noté.

L’ambassadeur a rappelé la création en 1868 de la mission des Pères Blancs par Charles Lavigerie, alors archevêque d’Alger. « Je crois que cela fut un des beaux moments de l’histoire française en Algérie, car il portait une idée de dialogue entre les cultures : des prêtres catholiques, qui parlaient arabe, portaient la gandoura et le burnous, venant tenir des dispensaires et des écoles. Ils appartiennent à l’histoire de l’Algérie et aujourd’hui encore, nombreux en Afrique, et de 35 nationalités différentes, ils font pour le développement, le dialogue et l’œcuménisme », a-t-il détaillé.

« Zidane l’idole commune à l’Algérie et à la France »

À la veille de la Finale de la Coupe du monde de football entre la France et la Croatie (prévue ce dimanche 15 juillet à Moscou), Xavier Driencourt est revenu sur la victoire de son pays au Mondial de 1998, grâce notamment aux deux buts marqués par Zineddine Zidane. « Zidane, idole commune à l’Algérie et à la France, est le symbole que nos deux pays peuvent encore rêver ensemble et produire des destins qui rassemblent. Et, puisque l’histoire se répète, nous aurons demain notre finale, vingt ans plus tard, et nous aurons demain notre idole commune, ce jeune Kylian M’Bappé, qui, au-delà de rassembler par son talent, rassemble par ses origines française, camerounaise et algérienne ! Rassembler, voilà donc notre tâche, rassembler toujours», a relevé le diplomate.

L’attaquant Kylian M’Bappé est de père camerounais et de mère algérienne. Xavier Driencourt a qualifié d’espace de dialogue la Méditerranée.  « Mais elle est trop souvent, aujourd’hui, le symbole des désaccords et des drames. Alors nous pouvons nous rappeler que nous appartenons tous, Algériens comme Français, chacun avec nos influences, avec nos cultures, à une même civilisation méditerranéenne. Et cela nous dépasse. La relation entre la France et l’Algérie, elle est à nulle autre pareille, car elle dépasse les questions d’intérêts particuliers, elle dépasse même les tensions historiques. C’est une relation indéfectible, exceptionnelle. Nous sommes de la même maison ; sur cette Méditerranée, nous sommes du même bateau. Alors soyons-en dignes, et donnons lui du souffle pour qu’il continue d’avancer », a-t-il souhaité.

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