
Les manifestations qui se déroulent ces jours-ci en France, les lycéens d’abord, puis la forte mobilisation nationale du samedi 17 octobre autour de ce qui est convenu d’appeler « contre la vie chère », sont symptomatiques d’un raz-le bol général qui touche surtout de larges couches sociales de la société française, des plus jeunes aux retraités.
Ces mobilisations sont apparues en raison de la conjugaison de deux fortes raisons : un malaise socio-économique profond et réel, d’une part, et une opportunité politique, la pré-campagne pour les élections présidentielles de 2027, qui a permis à ce malaise de s’exprimer davantage, d’autre part.
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Baisse du pouvoir d’achat
La lecture de ces évènements peut se faire selon trois directions mais dont l’interaction fournit une explication sur la situation économique et sociale de la France d’aujourd’hui qui reste confrontée à une crise interne d’une grande ampleur, mais également à des défis géopolitiques sur les plans européen et international.
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En premier lieu, la contestation est née d’une question concrète de pouvoir d’achat et de hausse des prix sur les carburants. Des frustrations se sont accumulées ces dernières années. Depuis la poussée inflationniste de la période 2022-2024 (période d’après le Covid et crise ukrainienne toujours en cours), les prix ne sont pas revenus à leur niveau antérieur.
Les ménages français continuent donc de subir des prix durablement plus élevés pour l’alimentation, l’énergie, les loyers, les assurances et autres services.
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Aujourd’hui, les retraités, les bénéficiaires de prestations sociales et les travailleurs à revenus modestes, ressentent particulièrement cette pression. Il y a un sentiment d’inégalités pour cette partie de la population qui considère que les efforts demandés pour les ménages ne sont pas les mêmes que pour les grandes entreprises qui semblent être favorisées et mieux protégées.
Dégradation des finances publiques
En second lieu, la dégradation des finances publiques a réduit les marges de manœuvre du gouvernement.
Il devient alors plus difficile de compenser les pertes de pouvoir d’achat par des aides massives. Aussi, les ménages craignent de futures hausses d’impôts ou une réduction des services publics.
D’ailleurs, le diagnostic qui a été fait par l’agence américaine de notation Fitch l’année passée lors de la dégradation de la note de la France, reste toujours d’actualité.
Quand une instabilité politique s’installe et que le gouvernement change régulièrement, il ne pourrait y avoir de politique budgétaire et fiscale cohérente à moyen terme, ni d’amorçage d’une réduction du déficit public ainsi qu’une baisse du ratio de dette publique par rapport au PIB.
La présidentielle de 2027
En troisième lieu, la France entre en période de pré-campagne électorale pour la présidentielle de 2027, ce qui facilite une mobilisation populaire de grande ampleur sur un leitmotiv sensible que celui de la « vie chère ».
Ceci donne lieu à un terrain d’affrontement et de positionnement pour l’ensemble des forces politiques en présence. L’enjeu est de pouvoir canaliser le mécontentement général pour en tirer des dividendes et par conséquent des voix décisives lors des élections.
En conclusion, on n’assiste pas seulement à une simple contestation de la « vie chère » mais plutôt à une remise en question plus générale de l’orientation économique et politique de la France actuelle.