
Le courant extrémiste en France est vite passé à l’acte contre le bâtiment baptisé du nom de Djamila Amrane. La plaque en hommage à la militante algérienne a été inaugurée le 5 juillet, pour les 63 ans de l’indépendance de l’Algérie. Deux semaines plus tard, elle est vandalisée.
La maison départementale du parc de la Bergère, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), qui porte donc le nom de Djamila-Danielle Amrane-Minne, a été recouverte de tags racistes le week-end dernier, rapporte Le Parisien. Des insultes comme “assassin”, “traitre”, “honte”, “terroriste“ ont été inscrites à la peinture sur la vitre de la devanture du bâtiment.
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Le département de Seine-Saint-Denis, à l’origine de l’hommage à la militante algérienne, a dénoncé des “actes haineux” qu’il a imputés aux “partisans d’extrême-droite”, dans un contexte de grave crise entre l’Algérie et la France qui dure une année.
“Ces actes haineux, visant la figure de cette femme engagée, révèlent une volonté délibérée d’effacer une part de notre histoire commune. Le département de la Seine-Saint-Denis les condamne avec la plus grande fermeté”, a écrit le département dans un communiqué.
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Acte haineux contre la mémoire de la militante algérienne Djamila Amrane
Le département a en outre fait savoir que depuis l’inauguration de la plaque, le 5 juillet, il a reçu “des messages violents à répétition”. “Jusqu’où ces partisans d’extrême-droite iront-ils ?“, s’est-il interrogé.
Lors de l’inauguration, le président du département, le socialiste Stéphane Troussel, avait expliqué que “le nom de Danièle Djamila Amrane-Minne reflète à lui seul les liens inextricables, les liens intimes, familiaux, entre le peuple algérien et le peuple français”, évoquant une mémoire “difficile, douloureuse, blessée par l’occultation des crimes de la colonisation”.
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Le courant extrémiste était très vite monté au créneau pour traiter Djamila Amrane de “terroriste” et accuser la gauche d’être “toujours du mauvais côté de l’histoire”. Danielle Minne est née en 1939 en France. Très jeune, elle s’est engagée dans la lutte de libération du peuple algérien en rejoignant le FLN en 1957, alors qu’elle était âgée de 18 ans. C’est à cette période qu’elle épouse le moudjahid Khalil Amrane, qui sera tué peu avant l’indépendance. Pendant la Bataille d’Alger, elle fait partie d’un réseau de “poseuses de bombes” sous le nom de guerre de Djamila. Condamnée à 7 ans de prison, elle a été libérée à l’indépendance. Devenue la première professeure d’histoire du pays, elle restera en Algérie jusque-là sa mort en 2017, à 77 ans.