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France : une année de déclarations « incendiaires » sur l’Algérie

La « bombe atomique », « brûler l’ambassade »…les relations entre l’Algérie et la France ont vécu une année 2025 très difficile.

France : une année de déclarations « incendiaires » sur l’Algérie
Une année de déclarations « incendiaires » sur l’Algérie en France / Par Leo Altman / Adobe Stock pour TSA
Riyad Hamadi
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L’Algérie et la France ont vécu une année 2025 tumultueuse. Les relations entre les deux pays ont frôlé la rupture à plusieurs reprises.

La crise a culminé en avril dernier avec les expulsions d’agents des deux côtés. L’historien Benjamin Stora relève une année marquée par des discours incendiaires en France sur l’Algérie.

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« On a assisté cette année à des propos et des discours incendiaires du type « il faut brûler l’ambassade d’Algérie à Paris » du fils de Nicolas Sarkozy, c’est incroyable. J’ai entendu une journaliste sur une chaîne français dire « nous avons la bombe atomique », en parlant de Boualem Sansal », a-t-il cité, en affirmant que cela a pris des « proportions incroyables ».

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Droitisation de la France

Benjamin Stora évoque la montée de l’extrême-droite en France, depuis 2002 quand Jean-Marie Le Pen a franchi pour la première fois le premier tour de la présidentielle.

« Bruno Retailleau représente un courant politique qui est malheureusement très représenté dans la classe politique française qui s’est droitisée ces dernières années », note l’historien spécialiste de la colonisation française en Algérie.

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Benjamin Stora est de ceux qui, en France, ont eu l’honnêteté intellectuelle, et le courage, faut-il le dire, de rétablir la vérité historique après les déclarations de Boualem Sansal sur l’histoire et les frontières de l’Algérie.

Maintenant que l’écrivain franco-algérienn est remis en liberté, l’historien spécialiste de l’Algérie est revenu sur cet épisode et les attaques qu’il a essuyées pour avoir développé un discours contraire à celui de l’extrême-droite et de tous les soutiens de Sansal.

Celui-ci a soutenu en octobre 2024 dans un média français d’extrême-droite que le territoire du Maroc a été tronqué par la France coloniale au profit de l’Algérie, ce qui fait, selon lui, que l’ouest algérien actuel appartient historiquement au Maroc.

Ces propos lui ont valu d’être arrêté lorsqu’il est rentré en Algérie en novembre de la même année, puis d’être condamné à cinq ans de prison notamment pour atteinte à la sûreté de l’État et à l’intégrité du territoire national. Il n’a été libéré que le 12 novembre 2025, après une année derrière les barreaux.

L’incarcération de Boualem Sansal a donné lieu à une campagne véhémente en France contre l’Algérie, menée notamment par l’extrême-droite.

Sans applaudir l’arrestation de l’écrivain, Benjamin Stora a tenu à faire la part des choses. En historien, spécialiste de l’Algérie de surcroît, il a qualifié les propos de Sansal d’”absurdes”.

Dire par exemple que l’ouest algérien n’est pas algérien, j’ai trouvé ça absurde. L’histoire en a décidé autrement depuis très longtemps et cela renvoie notamment à l’histoire du nationalisme algérien”, a-t-il notamment déclaré sur TSA en février 2025. Cette affirmation, il l’a réitéré sur plusieurs plateaux et journaux français, ce qui lui a valu des attaques farouches du courant anti-algérien.

Quelques jours après la libération de l’écrivain, sur un geste humanitaire du président Abdelmadjid Tebboune, Benjamin Stora était interrogé par le journaliste algérien Khaled Drareni sur la chaîne privée One TV sur cette remise en liberté et évidemment les attaques qu’il a lui-même subies.

“On m’a accusé de vouloir laisser Boualem Sansal en prison”

Tout le monde attendait un geste dans la mesure où Boualem Sansal était en prison, et la place d’un écrivain n’étant pas en prison”, dit-il d’emblée, ajoutant que ce geste a failli avoir lieu il y a longtemps mais à chaque fois il a été avorté par des “déclarations de type incendiaire”. Il a cité en exemple l’appel du fils de Nicolas Sarkozy à ‘’brûler l’ambassade d’Algérie à Paris” ou encore les propos d’une journaliste qui disait : “Nous avons la bombe atomique”.

Sansal lui-même a reconnu sur France 2 dimanche 23 novembre que l’attitude de son “ami” Bruno Retailleau, quand il était ministre de l’Intérieur, a contribué à retarder sa libération.

Bruno Retailleau représente un courant politique qui, malheureusement, est très important dans la société française aujourd’hui (…) Il est symptomatique de tout un état de la classe politique française qui s’est droitisée”, explique Stora.

À propos des attaques qu’il a lui-même subies, l’historien a décrit l’atmosphère qui prévalait en France : “On ne pouvait pas discuter des arguments historiques, le préalable c’était d’abord de dire il faut qu’il soit libéré. On ne peut pas discuter, on ne peut pas travailler…”.

Benjamin Stora pris à partie par les pros Sansal

Benjamin Stora souligne qu’il a été “très très attaqué” parce qu’il voulait “faire de l’histoire” et discuter des “arguments historiques”.

Boualem Sansal avait fait des déclarations sur l’histoire et donc moi, je voulais simplement dire que Oran n’était pas une ville marocaine. J’ai simplement dit que Tlemcen était la ville de Messali Hadj qui était un des fondateurs du mouvement national algérien, que Mascara était la capitale de l’Émir Abdelkader, qui avait résisté à la pénétration coloniale française, donc ce n’est pas le Maroc”, dit-il.

Je n’ai dit que ça, mais pour simplement avoir dit ça, j’ai été terriblement attaqué et on m’a accusé de vouloir laisser Boualem Sansal en prison”, dénonce l’historien.

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