
Le président français Emmanuel Macron a confirmé la volonté de rapprochement avec l’Algérie après une crise de plus de 15 mois.
À Johannesburg, où il participait au sommet du G20, Macron n’a pas rencontré son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune qui n’a pas fait le déplacement, mais il a tenu des propos très apaisés sur la relation avec l’Algérie.
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Il a surtout désavoué d’une manière, on ne peut plus claire le courant anti-algérien en France, qu’il a accusé de faire de l’Algérie « une question de politique domestique française ». « Si on laisse ces gens-là de chaque côté faire l’agenda, il n’y a aucune chance qu’on avance », a-t-il déclaré aux médias samedi 22 novembre en marge du sommet. Deux jours auparavant, la secrétaire générale du Quai d’Orsay, Anne-Marie Descôtes, s’est déplacée à Alger pour la première visite de ce rang entre les deux pays depuis avril dernier.
« Il y a un processus que j’ai décidé en réunissant les ministres et les services concernés il y a plusieurs semaines, c’est celui qu’on applique. Il a conduit à des réengagements de discussions au niveau technique de nos directeurs des services, au niveau de nos secrétaires généraux des ministères des Affaires étrangères », a indiqué Emmanuel Macron, annonçant au passage qu’il y a aussi « des réunions entre ministres qui vont se tenir ».
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« Sur beaucoup de sujets sécuritaires, migratoires, économiques, on n’est pas dans une situation satisfaisante de part et d’autre, et on a beaucoup de défis communs », a-t-il ajouté.
Macron : la crise avec l’Algérie, « c’est un sujet qu’on doit régler »
Ce sont ces mêmes thématiques qui ont été au menu de la visite de la SG du ministère français des Affaires étrangères jeudi à Alger.
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« Il s’agit d’une visite de travail qu’elle mène dans le cadre des priorités exprimées par le ministre, qui sont à la fois le rétablissement de la coopération en matière migratoire, le rétablissement de la coopération en matière de sécurité et aussi la relance de la coopération économique », a déclaré le même jour un porte-parole du Quai d’Orsay.
Dans ses déclarations à Johannesburg, Emmanuel Macron a tenu à se démarquer de la méthode prônée vis-à-vis de l’Algérie par l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et tout le courant anti-algérien.
« Moi, j’ai toujours eu la même méthode : le respect et l’exigence. Le respect, parce que quand on veut avancer avec quelqu’un, on a rarement des résultats en l’insultant », a-t-il dit.
Bruno Retailleau, adepte du « rapport de force » avec l’Algérie, a été remplacé début octobre par Laurent Nuñez, qui a apporté un nouveau discours, plus apaisé, et a entrepris de mettre en œuvre une nouvelle méthode.
« On a déjà eu des premiers résultats, et la libération de Boualem Sansal est un premier résultat dont il faut se féliciter », a souligné le président français, qui a ajouté, « avec humilité et respect », qu’il faut maintenant « avoir beaucoup de constance ». « Pour moi, c’est un sujet qu’on doit régler », a-t-il conclu.
Sous la pression du courant extrémiste, Emmanuel Macron était tenté un moment par la méthode Retailleau.
En août dernier, il a instruit le gouvernement de François Bayrou d’agir « avec plus de fermeté et de détermination » vis-à-vis de l’Algérie.
En dehors du courant anti-algérien, cette méthode est aujourd’hui unanimement décriée comme un fiasco.