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Grand coup de froid entre la Belgique et l’Arabie saoudite

Grand coup de froid entre la Belgique et l’Arabie saoudite

Charles Michel, premier ministre belge.

Les relations entre la Belgique et l’Arabie saoudite sont-elles sur le point d’être gelées prochainement ? Une proposition de résolution visant à « reconsidérer la politique étrangère à l’égard du Royaume d’Arabie saoudite » était en débat ce lundi au sein de la Chambre des représentants de Belgique, rapporte la RTBF.

La proposition, portée par l’alliance écologiste, prévoit notamment « de suspendre toute relation commerciale avec le Royaume d’Arabie saoudite et tout investissement dans ce pays en attendant une analyse approfondie des flux financiers en provenance ou à destination de celui-ci ».

Les différents groupes politiques ont pu durant les débats se positionner sur l’avenir des relations diplomatiques, économiques et commerciales avec le royaume wahhabite, explique la même source, qui indique que les débats continueront mardi prochain autour des 38 amendements déposés et éventuellement une audition des régions de Belgique, qui dispose d’un système fédéral. Un vote sera possible à ce moment-là.

Ces débats interviennent moins de deux semaines après une grande polémique suscitée par le vote de la Belgique en faveur de l’entrée de l’Arabie saoudite dans la commission des droits des femmes de l’ONU à la fin du mois d’avril. Le premier ministre belge, Charles Michel, a dans ce cadre affirmé le 27 avril dernier « regretter le vote exprimé côté belge », prétextant un manque de temps du côté des diplomates pour voir quelle position adopter. « Si c’était à refaire, le gouvernement aurait plaidé pour qu’il n’y ait pas le soutien [à l’Arabie saoudite], il n’y a aucune ambiguïté là-dessus », a déclaré le Premier ministre belge devant la Chambre des représentants.

Le gouvernement est depuis ce vote aux Nations unies sous le feu des critiques de l’opposition. « C’est révoltant ! Demander à un pays, qui est le bourreau des droits des femmes, d’être dans une instance comme celle-là (…) Quand on veut faire respecter les valeurs universelles qui sont les nôtres, il y a des compromis que l’on ne fait pas », a notamment déclaré Olivier Maingain, député et président du parti Démocrate fédéraliste indépendant (DEFI). Le ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, est sur la sellette depuis cette affaire, alors que plusieurs partis d’opposition ont appelé à sa démission.

Malgré la polémique autour de la commission des droits des femmes, la proposition de gel des relations avec l’Arabie saoudite pourrait être affectée par des considérations économiques. Le débat actuel n’est pas indépendant de celui sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite, explique la RTBF. Le Royaume wahhabite représente en effet un marché très important pour FN Herstal, principal fabricant d’armes de Belgique qui emploie des milliers de personnes.

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