
Après un nouvel épisode de hausse des prix des fruits et légumes, le premier ministre Sifi Ghrieb a présidé, jeudi 1er octobre, une réunion avec les représentants de plusieurs filières agricoles.
Trois mesures phares ont été prises : tolérance zéro envers les spéculateurs, plafonnement des prix de la pomme de terre et couloir pour l’importation des intrants agricoles.
A lire aussi : Économie algérienne : 3 bonnes nouvelles en ce début d’année 2025
Une démarche qui vise à mettre de l’ordre dans le secteur et à protéger le pouvoir d’achat du citoyen.
Un communiqué de la Chambre nationale de l’agriculture (CNA), publié mardi 6 octobre 2026, indique que cette réunion s’est conclue sur l’adoption de 9 mesures, portant notamment sur la surveillance des marchés et la subvention des agriculteurs.
A lire aussi : Air Algérie casse les prix avec une nouvelle promotion
Tolérance zéro envers les spéculateurs
Le communiqué dévoile que le gouvernement a décidé d’adopter une « tolérance zéro vis-à-vis des intermédiaires et des spéculateurs sur la nourriture du peuple ». Ajoutant qu’un « contrôle des services compétents » sera désormais exercé « sur toutes les chaînes d’approvisionnement, du champ au consommateur ».
Même les opérations de stockage des produits agricoles seront sous la loupe des services spécialisés. Le communiqué souligne en effet que « tout stockage en dehors du cadre déclaré fera l’objet de poursuites, avec appel au déstockage pour réguler les prix, notamment en ce qui concerne la pomme de terre et la volaille ».
A lire aussi : La France s’intéresse à la pomme de terre algérienne
Le prix de la pomme de terre plafonné
Dans ce contexte, le gouvernement veillera au respect du plafonnement du prix de la pomme de terre entre 70 et 80 dinars algériens au niveau des producteurs, et entre 80 et 90 dinars algériens au niveau des marchés de gros et de détail, lit-on sur ce même communiqué.
De plus, et afin de « stabiliser le rythme de production », le gouvernement a réitéré son engagement à accompagner les producteurs en leur garantissant « la disponibilité des chaînes d’approvisionnement et des moyens de production ».
Importation des produits agricoles : un « couloir vert » pour les agriculteurs
Une autre mesure importante prise lors de cette réunion est « l’instauration d’un couloir vert » pour tout ce qui concerne « les intrants agricoles et les moyens de production importés et destinés aux filières végétales et animales ».
Ce couloir vert sera pris en charge par les services du ministère de l’Agriculture en coordination avec les services du ministère du Commerce extérieur. Les produits concernés seront « exonérés de l’inscription dans la plateforme numérique », précise le communiqué.
Effacement des dettes des agriculteurs avec la SARPA
De plus, le communiqué dévoile que les agriculteurs seront exonérés d’impôts et de surveillance fiscale à posteriori après la déclaration de production et que leurs situations fiscales auprès de la Société algérienne de régulation des produits agricoles (Sarpa) devraient être « instantanément » régularisée.
Lors de cette réunion, le premier ministre a également ordonné d’enjoindre aux banques publiques de « financer toutes les filières agricoles, d’alléger les conditions et de réduire les délais d’instruction des dossiers ».
Pour finir, Sifi Ghrieb a aussi ordonné la mise en place d’une « cellule de veille et de suivi » qui se réunira « chaque mois ». Elle sera placée sous sa supervision et celle des walis, avec la participation des représentants des diverses filières agricoles.
Les agriculteurs appelés à vendre directement au consommateurs
La Chambre nationale d’agriculture a favorablement accueilli la démarche du gouvernement, assurant que la production se poursuivra « en abondance et en qualité, malgré l’enregistrement de certains déséquilibres dans les tarifs de certains produits de base, comme la pomme de terre ».
La CNA pointe d’ailleurs du doigt les intermédiaires qui engloutissent des « marges de bénéfice excessives ». La Chambre appelle donc à l’adoption d’une « marche bénéficiaire acceptable, respectueuse de l’intérêt général ».
Tout en conseillant les agriculteurs de vendre directement leurs récoltes sur les marchés de gros directement au consommateur, la CNA assure qu’elle poursuivra de coordonner avec la Tutelle afin de garantir la disponibilité des produits et le plafonnement des prix.