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Ils risquent de lourdes peines : ce que le procès des Kouninef a permis de dévoiler

Ils risquent de lourdes peines : ce que le procès des Kouninef a permis de dévoiler

Les frères Kouninef encourent entre 15 et 20 ans de prison. Ce samedi 12 septembre, le représentant du parquet a prononcé son réquisitoire à l’issue du procès de la fratrie qui s’est tenu sur trois jours au tribunal de Sidi M’hamed (Alger).

De lourdes peines requises

Il a requis 20 ans de réclusion par contumace contre Souad Kouninef, en fuite, 18 ans contre Réda et 15 ans contre Abdelkader et Tarek. Le procureur a en outre demandé de leur infliger une amende de 8 millions Da chacun et la saisie de leurs biens.

Des peines comprises entre 3 et 10 ans de prison ont été par ailleurs requises contre neuf autres personnes impliquées dans cette affaire, dont le gestionnaire de la principale entreprise de la famille, KouCG, et de nombreux fonctionnaires.

Qui sont les Kouninef ?

Le procès qui s’est ouvert mercredi dernier a permis de lever le voile sur un pan important des activités du groupe. Avant leur arrestation et leur incarcération en avril dernier, on connaissait très peu de choses de la fratrie.

On savait qu’ils géraient le groupe familial créé par leur père au début des années 1970, qu’ils étaient proches de Saïd Bouteflika, le frère de l’ancien président et qu’ils avaient étendu l’activité de leur groupe à divers secteurs, dont la production d’huiles et l’hydraulique.

Durant les trois jours d’audiences, ils n’ont certes pas été très bavards concernant leur relation avec Saïd Bouteflika, reconnaissant une « amitié » qui n’a toutefois pas influé sur leurs affaires, selon leurs dires, mais beaucoup de  chiffres ont été dévoilés. 45 sociétés ont été jugées en tant que personnes morales.

On a su aussi que l’une des plus importantes entreprises du groupe a été rachetée à l’État pour une bouchée de pain : moins de cent milliards de centimes pour les deux unités de Cogral, l’entreprise publique de production d’huiles, sises aux ports d’Alger et d’Oran, dans l’enceinte desquels ils avaient en outre obtenu de vastes terrains.

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Des contrats juteux

Le procès a aussi révélé sans surprise que les frères Kouninef, à l’instar de tous les « oligarques » proches de l’ancien président, ont obtenu des prêts bancaires énormes et beaucoup d’avantages.

Selon l’accusation, ils auraient obtenu 75 milliards de dinars (près de 600 millions de dollars) d’avantages indus et 186 milliards Da (1.5 milliard de dollars) de crédits. Ils auraient en outre transféré l’équivalent de 16 milliards de dinars à l’étranger.

Affaire Algérie Télécom

Il est aussi reproché aux sociétés des Kouninef d’avoir obtenu illégalement de grands marchés publics. Rien que dans l’hydraulique, ils ont bénéficié pour 1.1 milliard de dollars de marchés. Certains projets dans divers secteurs n’ont jamais été réalisés, toujours selon l’accusation.

Une autre affaire est remontée à la surface au cours du procès. Il s’agit de celle des cabines téléphoniques qui avaient valu à Algérie Telecom de payer de forts dédommagements aux Kouninef : 281 milliards de centimes.

Le lancement d’un opérateur de cabines fixes, au moment où la téléphonie mobile se démocratisait (début des années 2000), avait déjà à l’époque fait naitre de sérieux soupçons quant aux intentions de ses initiateurs.

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Peu de choses sur le rôle de Saïd Bouteflika

Le procès des Kouninef a permis de mettre des chiffres sur de nombreuses affaires des Kouninef. Hélas, il n’a pas permis d’aller loin dans leurs relations avec les tenants de la décision, dont Saïd Bouteflika, actuellement incarcéré à la prison militaire de Blida, et le rôle qu’on prête à celui-ci dans l’expansion des affaires du groupe familial.

Réda Kouninef a tout juste reconnu avoir versé 4 milliards de centimes comme contribution à la campagne électorale pour le quatrième mandat du président Bouteflika, en 2014.

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