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Imposantes marches contre le 5e mandat : ce formidable appel d’air des Algériens

Imposantes marches contre le 5e mandat : ce formidable appel d’air des Algériens

Le mystérieux appel à des marches pacifiques ce vendredi 22 février contre le 5e mandat brigué par le président Bouteflika posté sur les réseaux sociaux, a été prodigieusement suivi par des dizaines de milliers de citoyens à travers le pays.

Personne, autant au sein des partis de l’opposition qu’au sein du pouvoir, et au-delà au sein du microcosme politique algérois, n’a donné une chance à cette marche citoyenne de réussir à ce point, et de drainer les foules. Que ce soit à Oran, Tizi Ouzou, Alger, Sétif, Annaba, Ouargla, Béjaïa et tant d’autres villes du pays, on a marché ce vendredi. Une marche avec pour seul slogan, seul credo ‘’non au 5 mandat’’.

C’est à Alger que la manifestation a été impressionnante. Des dizaines de milliers de manifestants, des avenues inondées par une marée humaine :  une ville pratiquement debout contre le 5e mandat.

Dans l’absolu, les Algériens ont simplement dit ‘’non au 5e mandat’’ et aux avatars du pouvoir. Mais également à l’attentisme de l’opposition. Tout simplement et d’une manière civilisée.

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Après, les analystes apprécieront ce ‘’coup de sang’’, ce formidable appel d’air citoyen pour le changement, pour une véritable alternance au pouvoir, pour des réformes sérieuses et réelles, pour du changement.

Plus que toutes les offensives politiques des partis de l’opposition contre le pouvoir, la rue a montré d’une manière simple la voie à suivre aux décideurs et aux politiques pour le changement.

Et, au-delà, avec cette puissance de ‘’la vox populi’’, les lignes rouges qu’il ne faut plus désormais franchir. C’est également un sérieux avertissement au pouvoir et à tous les partisans de ‘’la continuité’’ et  du 5e mandat que le seuil de tolérance de la rue, des Algériens par rapport à une situation sociale et économique désastreuse, a atteint ses limites.

La suite des événements seront autrement épiques.

Question : que va-t-il se passer maintenant que les Algériens ont montré à leurs dirigeants qu’ils refusent cette élection dès lors qu’elle portera le sceau d’un 5 mandat du candidat-président ? Les partis de la majorité vont-ils faire marche arrière, et trouver un autre candidat consensuel de la majorité, ou poursuivre dans la voie de ‘’la continuité’’, au risque de provoquer la rue et exacerber sa colère ? Vont-ils comprendre que le 5e mandat ne fait pas l’unanimité.

Car les Algériens ont, à travers les marches pacifiques de ce vendredi, clairement signifié qu’ils veulent un changement, et si possible maintenant, de dirigeants.

Sur un autre registre, ce ‘’coup de gueule’’ des Algériens est du ‘’pain béni’’ pour l’opposition. À condition qu’elle sache en tirer profit, rapidement en donnant une autre tournure à ce scrutin.

Pour une partie de l’opposition, qui n’a pu parler d’une seule voix mercredi lors d’une rencontre entre leaders et personnalités politiques pour dégager un candidat unique, la montée au créneau de l’opinion publique à travers ces marches imposantes, est une chance inouïe qu’elle doit saisir en mettant fin à ses différences pour parler d’une seule voix.

C’est une opportunité également pour les partis de la majorité pour qu’ils mettent fin à des comportements politiques qui les ont toujours discrédités auprès de l’opinion publique.

Le sociologue Nacer Djabi l’avait confirmé à TSA : ‘’La rue est en avance par rapport aux partis politiques.’’ Dorénavant, il y aura un avant et un après ce vendredi 22 février, pour l’opposition comme pour le pouvoir. L’appel d’air des Algériens n’est pas artificiel, et il y va de l’avenir du pays.

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