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Inondations : les architectes expliquent les raisons et proposent des solutions

Des architectes expliquent les raisons des inondations qui ont frappé Alger et plusieurs villes du pays. Ils proposent des solutions.

Inondations : les architectes expliquent les raisons et proposent des solutions
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Aicha Merabet
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« Désolation », c’est le terme qu’a choisi l’architecte-urbaniste Akli Amrouche pour décrire les inondations qui ont frappé Alger et d’autres villes du pays dans la nuit de lundi à mardi.

Il pointe un problème d’imperméabilité du sol qui compromet l’absorption des eaux pluviales. « Quand vous rendez le sol imperméable par l’urbanisation, vous risquez d’avoir de grosses inondations. Il y a aussi l’absence d’espaces verts et l’abandon de la tradition de la récupération des eaux pluviales. Le fait d’avoir des retenues d’eau végétalisées empêche les ruissellements dangereux », explique l’architecte pour qui des solutions existent.

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Prendre les choses en amont 

Le directeur de la revue d’architecture « Vies de villes » suggère l’introduction dans la nouvelle loi sur l’urbanisme, en cours de préparation, « un chapitre qui fixe un pourcentage minimal pour des sols perméables et limiter l’imperméabilisation minérale des espaces urbains, comme cela se fait dans les pays développés ».

« Il y a des solutions techniques c’est-à-dire qu’il faut revoir l’urbanisation de façon globale » au phénomène des inondations, selon M. Amrouche.

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« Il y a des études à maturer, à respecter et qui doivent être confiées à des professionnels pour les gérer et non pas à des administrateurs qui réagissent seulement après-coup. Il est vrai qu’il y a le problème des avaloirs, mais il n’y a pas que ça. Il faut prendre les choses bien en amont », recommande l’architecte.

« On ne fait que parer à l’urgence »

C’est cette gestion après-coup que déplore aussi le président du Conseil local de l’ordre des architectes d’Alger, Rafik Balamane. Pour lui, il y a un problème de gouvernance « dans le sens où l’on sait très bien où est le problème mais on n’apporte pas une solution viable ».

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« On ne fait que parer à l’urgence. On est toujours dans la réaction sans être dans l’action », assène-t-il.

M. Balamane met en exergue aussi le volet lié à l’incivisme de certains individus comme ces personnes qui ne trouvent pas d’autres lieux pour jeter leurs gravats que les caniveaux. L’architecte s’interroge si l’État n’est pas très regardant face à ce manque de civisme. L’architecte trouve anormal que le phénomène des inondations touche même les villes nouvelles, à l’instar de Sidi Abdellah, dans l’ouest d’Alger.

« Laisser-aller et manque de rigueur »       

« Nous subissons une espèce de laisser-aller et un manque de rigueur », assène l’architecte Larbi Merhoum. « Je pense que les réseaux (d’assainissement) sont surchargés par des détritus et des objets qui, déjà en temps normal, ne devraient pas y être », souligne Merhoum qui constate que les « curages se font de manière aléatoire et sans la rigueur voulue ».

« Je pense que nous souffrons essentiellement d’un problème de rigueur dans la gestion avec une dilution des responsabilités », pointe M. Merhoum qui met en avant « un problème de responsabilité entre la wilaya et les APC. « Où commence la responsabilité du wali et où commence celle du P/APC ? Et quel est le rapport qu’a celui-ci avec les sociétés de nettoyage pour pouvoir exiger quoi que ce soit ?  On a l’impression qu’il y a des acteurs mais aucun d’eux ne se sent comptable du résultat et des conséquences », regrette Larbi Merhoum.

« Je pense qu’il y a un problème de rigueur dans la gestion de la ville. Cette gestion demande probablement des moyens et des personnels qui se chargent de cette opération 365 jours sur 365 jours. Maintenant, est-ce qu’il y a un problème de moyens et de personnels ou un problème de formation ? Je pense qu’il y a essentiellement un problème de suivi. Nous n’avons pas la culture de la maintenance. On le voit pour les ascenseurs. Dès qu’il y a un produit qui demande un minimum de maintenance pour qu’il vieillisse correctement, le deuxième volet de la vie de l’objet ou de la mission qu’on vient de terminer est négligé », déplore M. Merhoum.

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