
En France, quand il s’agit de musulmans, personne ne s’étonne plus quand le tragique se mêle au comique. La dernière trouvaille de la RATP ne fait que renforcer ce sentiment.
France : les musulmans au cœur d’une polémique tragicomique
La Régie autonome des transports parisiens (RATP) a décidé, en juillet dernier, quand Jean Castex, l’ancien premier ministre en France, était encore à sa tête, d’interdire les bouteilles d’eau en plastique dans les toilettes, et ce, afin de ne pas permettre aux musulmans de s’adonner aux ablutions.^
A lire aussi : OQTF confirmée pour une famille algérienne installée en France depuis 2018
A lire aussi : Consulats d’Algérie : avis important aux jeunes de la diaspora
La note de la RATP, destinée aux encadrants, a été signée le 16 juillet 2025, mais l’information a filtré grâce à un article du journal français L’humanité, publié le 1er janvier 2026. Cette démarche viserait, selon la note interne de la RATP, à faire respecter la « neutralité » et la « laïcité » du service public.
RATP : « On ne peut plus se laver les fesses »
Myriam, employée d’une entreprise sous-traitante depuis 18 ans à la RATP, a éclaté de rire quand elle a eu vent de la nouvelle note interne du service public. Musulmane pratiquante, elle confie au journal français que les bouteilles de plastique dans les toilettes ne servent pas qu’à faire des ablutions, mais aussi à rester propre.
A lire aussi : Crise France-Algérie et titres de séjour : « pourquoi prend-on les gens en otage ? »
« On ne peut donc plus se laver les fesses ? », ironise-t-elle, dévoilant que des directives ont été données aux sociétés de nettoyage pour retirer les bouteilles de plastique des toilettes et de les remettre aux chefs sur certains sites de la RATP.
Si cette démarche semble être aux yeux de certains un « durcissement des règles de la laïcité », pour le Collectif Contre l’Islamophobie en Europe (CCIE), cela s’apparente plus à une « surveillance des pratiques religieuses… sous couvert de laïcité ».
RATP : quand la neutralité empiète sur la liberté de culte
Le collectif, dans un Tweet publié ce 2 janvier, dévoile que les bouteilles d’eau dans les sanitaires ne sont pas les seuls objets visés par cette note de la RATP, mais aussi les tapis, les cartons pliés, et les livres religieux.
De plus, cette note interne, dotée d’une annexe de trois pages détaillant des consignes opérationnelles, oblige les prestataires à parler français et appelle aux signalements pour « soupçons de radicalisation ».
Selon le CCIE, cette note vise « la surveillance et le contrôle des pratiques religieuses des agents et des prestataires » et ce au niveau de certains sites pilotes de la RATP.
Le collectif estime toutefois qu’il s’agit là d’une « extension abusive de la neutralité au détriment des libertés fondamentales et du droit du travail ».