
De nombreux supporters algériens et franco-algériens ont été arrêtés au Maroc pendant la CAN 2025 en décembre – janvier derniers et ont fait de la prison. L’un d’entre eux, Lyèce, qui a passé trois mois dans les geôles du royaume, a décidé de tout raconter.
L’homme assure qu’il n’a rien fait et qu’il a été condamné sans preuves. Quand il a dévoilé ses origines algériennes, le visage des policiers marocains a changé, assure-t-il.
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Lyèce, qui habite Paris, dit qu’il est parti en vacances au Maroc avec sa mère, sa petite sœur et son frère pour visiter le pays et assister à la CAN 2025. Ils supportent le Sénégal car l’un des entraîneurs adjoints de cette sélection n’est autre que le frère aîné de Lyèce, le Franco-Algérien Noureddine Bouachera.
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Le séjour s’est très bien passé, jusqu’à la fin du tournoi. Les ennuis ont commencé juste après la finale perdue par le Maroc et marquée par des incidents notamment entre les stadiers et les supporters sénégalais.
Lyèce assure qu’il n’a pas bougé de sa place, “à dix rangs de la pelouse”, et a continué à filmer.
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“Je dis en Algérie, son visage et son attitude changent”
Et alors que tout le monde attendait la remise du trophée au Sénégal vainqueur du Maroc (1-0), les ennuis commencent. Des policiers marocains en civil s’approchent du jeune Lyèce et lui demandent de les suivre, “juste pour quelques questions”. “Je les suis, on monte les escaliers, et d’un coup, dix policiers me sautent dessus, me frappent et m’emmènent de force au poste”, dit-il.
Tout le monde autour de lui est énervé parce que le Maroc venait de perdre la finale. Et quand il exhibe son passeport français, les policiers lui demandent où est née sa mère. “Je dis en Algérie, son visage et son attitude changent”, raconte Lyèce.
Sa mère, son frère et sa sœur le rejoignent, demandent à comprendre, mais personne ne veut leur répondre. “Ils m’ont mis les menottes devant ma mère. Elle a crié, essayé de s’interposer, pleuré, hurlé. J’ai cru qu’elle allait faire un malaise”, raconte-t-il.
Finalement, il est jeté dans un fourgon, direction la garde à vue. Du moins, croyait-il. On lui annonce qu’il a frappé un policier, qu’il est rentré sur la pelouse, a cassé du matériel et lancé une bouteille.
Le jeune homme sait comment fonctionnent les stades de football pour y avoir travaillé pendant 3 ans. “Montrez-moi les caméras, c’est impossible de mentir dans un stade”, dit-il. On lui répond pendant deux jours par la même phrase : “T’inquiètes, demain tu sors”. Finalement, il a passé trois mois en prison.